Corée du Sud : des caméras cachées pour calmer l’autoritarisme des patrons

On sait les Coréens du Sud, amateurs de gadgets high-tech, notamment en matière de caméras miniatures. Cet engouement, se retrouve hélas pour le pire avec du voyeurisme pervers, ou pour un usage criminel. Cela peut être aussi, pour du meilleur lorsqu’il permet de dissuader certains patrons abusifs.

Tout cela pour dire, que le marché de la caméra miniature en Corée du Sud se porte bien. Ils en existent de très nombreux modèles différents. On peut donc retrouver une caméra partout ou presque. Ces gadgets, vont de la minuscule caméra à des enregistreurs audio. Les caméras peuvent être cachées par exemple, dans une fausse clé USB, des clés de voiture, sur des montures de lunettes, un briquet, ou une boucle de ceinture. Cependant, le “nec plus ultra” qui se vend le mieux, selon les vendeurs de ses appareils, c’est la caméra cachée dans un stylo.

Il faut dire, que c’est le plus discret lorsque l’on veut enregistrer des moments passés avec un patron, un peu trop autoritaire. Nous ne parlons pas là de quelques cas isolés, mais bien ce qui semble être une pratique commune et très répandue. Derrière cela, on retrouve une société très hiérarchisée, où le respect de l’autorité et de la séniorité est primordiale.

Cela entraîne aujourd’hui de tels abus, qu’une nouvelle loi est entrée en vigueur en juillet. Elle a pour but de protéger davantage les employés qui dénoncent les patrons abusifs. En parallèle, il a été mis en place des conseils juridiques gratuits sur un forum en ligne créé par des avocats.

Il a fallu plusieurs gros scandales, dont certaines diffusions sur le net, qui ont défrayé la chronique, pour en arriver là. Par exemple, un patron qui a obligé un employé à se tenir droit pendant qu’il le rouait de coups au bureau. Le tout perpétrait devant les autres, qui regardaient sans broncher. De même, une vidéo montrant la petite fille de 10 ans d’un magnat de la presse locale, enregistrée alors qu’elle adressait des insultes contre le chauffeur privé de 57 ans, au point de lui dire vouloir le virer, et même sa mort. Les parents ont exigé, que la vidéo soit détruite et ils ont licencié le chauffeur.

Concrètement, la loi punit davantage les patrons ou les supérieurs, qui infligent des violences physiques ou verbales. De plus, elle recadre toutes tentatives de représailles ou de mesures punitives de la part des patrons à l’encontre d’un employé. De tels faits, sont dorénavant passibles de trois ans de prison ferme.

Crédit photo : tanim munsh