Mondiaux d’athlétisme de Doha : une alerte pour l’équipe de France avant les JO

Bien sûr, il a fait chaud, très chaud et ce n’étaient pas les conditions idéales, mais pour les autres participants aussi, et cela n’explique pas tout. Alors la question des résultats médiocres de l’équipe de France se pose cruellement. Deux médailles et une bien triste 24e place au classement, cela sonne comme une vraie déroute dont il va falloir rapidement tirer les leçons, dix mois avant les Jeux olympiques de Tokyo.

Comme un symbole du malaise qui parcourt la délégation française, il y a ce passage de témoin raté entre les deux premiers relayeurs Amaury Golitin et Jimmy Vicaut, en finale du 4 x 100 m. Vous rajoutez à cela, l’abandon sur blessure du décathlonien Kevin Mayer, favori du concours. L’échec prématuré de l’espoir Solène Ndama, qui n’a même pas essayé de sauter le premier obstacle de sa série du 100 m haies et vous avez déjà une belle brochette de déceptions. Mais ce n’est pas tout, les éliminations dès les qualifications des trois sauteuses en longueur et des trois hurdleuses, l’équipe de France a souffert à Doha. Pour finir avec le raté des relayeurs, Christophe Lemaitre, le dernier relayeur, n’a pas couru un seul mètre lors de ces championnats. Il a déclaré forfait sur 200 m en individuel, il a dû franchir au pas la ligne d’arrivée.

Beaucoup de passif au regard des deux médailles de Quentin Bigot 25 ans, en argent au lancer du marteau et celle de Pascal Martinot-Lagarde 28 ans, en bronze au 110 m haies. Ils évitent seulement le pire. Nous replongeons dans les pires heures de Stuttgart en 1993 et à Helsinki en 1983, pour un bilan aussi maigre.

On peut revenir sur une préparation spécifique, certainement déficiente, pour appréhender les difficiles conditions climatiques qui n’ont au contraire pas gêné les autres participants. Yohann Diniz, notre recordman du monde du 50 km marche par exemple, n’a pas caché sa réticence à l’idée de concourir au bord du Golfe Persique.

Des réticences climatiques, qui pourraient cacher d’autres raisons plus profondes, comme par exemple des erreurs de préparation dans le calendrier et les spécificités du lieu. Du coup, l’ambiance en a certainement pris un coup, comme en témoigne le départ du médecin-chef Jean-Michel Serra. Il est aussi question d’étranges séances d’hypnose collectives à l’hôtel, organisé par Pierre-Ambroise Bosse, deux jours après son élimination en demi-finale du 800 m, dont il était tenant du titre.

Tout ceci, ne fleure pas bon la sérénité, il ne s’agit pas de se laisser aller à de quelconques dérives à dix mois des JO. Ce n’est plus le moment de se morfondre dans le pessimisme, mais bien au contraire de resserrer les rangs. Les talents sont là, il faut les mettre en valeur et tirer la machine vers le haut. L’heure n’est plus au bouleversement plaide André Giraud, “on n’est pas au foot, où dès qu’il y a un mauvais résultat, on vire l’entraîneur”. 

Crédit photo : adi goldstein