Médecins : des cadeaux des labos pour des prescriptions plus chères

54646_medecin-generaliste-une

Les conclusions de cette enquête sont simples, “les médecins généralistes français qui reçoivent des cadeaux des laboratoires pharmaceutiques ont tendance à faire des prescriptions plus chères et de moindre qualité”. A contrario, l’étude confirme que les médecins qui ne reçoivent rien, ont naturellement tendance à prescrire moins cher.

Il s’avère même, que plus les cadeaux sont significatifs, plus le surcoût moyen par prescription augmente. Ces résultats sont sans appel, cependant, loin de jeter la pierre aux praticiens, elle insiste sur le côté pernicieux de la pratique globale. L’université, le CHU et l’École des hautes études en santé publique expliquent dans un communiqué, “cette influence, parfois inconsciente chez les médecins, peut conduire à choisir un traitement qui n’est pas optimal, au détriment de la santé du patient et du coût pour la collectivité”.

Un rapport de la Commission européenne, publié en 2009 indiquait déjà à l’époque, que 23 % du chiffre d’affaires des firmes pharmaceutiques était consacré à la promotion des médicaments dont les cadeaux font partie, c’est plus que pour la recherche elle-même. Or, si cette pratique de cadeaux perdure, ce n’est certainement pas en pure perte. Il est probable, que les laboratoires savent déjà et de manière très précise, les conclusions dévoilées par l’étude.

Cependant, il est clair que certaines solutions sont une affaire de choix. Le déficit de la sécu, doit-il exclusivement rester une affaire de fraude à la prestation, de préférence d’une catégorie de personnes bien désignées ? Ou bien, est-ce la conséquence de pratiques moins évidentes, mais tout aussi onéreuses ? Des pratiques qui enrichissent des entreprises au détriment de notre système de santé, au risque de le détruire.

Crédit photo : medecin generaliste