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La mobilité bancaire encore un peu trop timorée chez les Français

Les banques sont une nouvelle fois dans le viseur de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. Pour être plus précis, c’est la loi Macron pour la mobilité bancaire, qui comporte selon l’association des “défaillances”. Pourtant, cette loi a été mise en place depuis maintenant près de trois ans. Hélas, son application laisse visiblement à désirer et les banques semblent un peu traîner la patte en la matière.

C’est ce que soupçonne UFC-Que Choisir, qui a donc décidé de mettre un coup de projecteur sur le sujet. A la base, le service de mobilité bancaire est censé faciliter le changement de banque. Pour cela, il impose que ce soit l’établissement accueillant un nouveau client et non celui-ci, de s’occuper des démarches de transfert de son compte courant ainsi que des prélèvements et virements lui étant associés. L’idée est bien sûr, de faciliter la concurrence entre les différentes banques. La constatation est que les Français font partie des personnes, qui changent le moins de banques.

Un taux de mobilité toujours faible 

Seulement voilà, l’association de défense des consommateurs, constate que ce n’est pas vraiment la grande agitation. Elle note, que “le compte ne semble pas y être, seulement 2,5 % des consommateurs auront effectivement changé d’établissements bancaires en 2019, alors que près d’un sur cinq (17 %) en exprime le souhait”. Pour elle, pas de mystère, changer de banque reste encore complexe. Elle s’appuie pour confirmer cela, sur son enquête faite auprès de 110 banques et organismes proposant ce service de mobilité bancaire en novembre 2019.

Très concrètement, voici ce qu’on retrouve dans les obstacles aux changements de banques. Tout d’abord, qu’une demande de changement de banque sur dix n’est pas prise en compte. On trouve aussi une pléiade d’erreurs, telles que des mandats non signés, une mauvaise saisie du numéro de compte et bien d’autres. Enfin, et c’est apparemment très dissuasif pour éviter le départ d’un client, la complexité “artificielle” et le coût élevé du transfert de certains produits d’épargne (assurance-vie, PEA, PEL, etc…).

De son côté, L’UFC-Que choisir, pousse pour une décision forte. Elle évoque la mise en place d’un système de portabilité du numéro de compte bancaire. Cela consiste simplement à garder son numéro de compte même si l’on change de banque.

Les banques, ont-elles aussi leur sondage 

Bien sûr, la Fédération bancaire française (FBF) réagit à cette attaque. Elle considère, que des efforts importants ont été fait. A partir de là, comme souvent, c’est sondage contre sondage. Celui commandé par le secteur bancaire est bien plus positif. Il a été réalisé en juillet 2018 par Opinion Way à la demande du Comité consultatif du secteur financier. Il a fait apparaître, que 85 % des bénéficiaires du service de mobilité bancaire en étaient satisfaits, 38 % avaient constaté des anomalies (opérations non déplacées, lenteurs, bugs). Enfin, seulement 17 % des sondés avaient déclaré ne pas avoir osé changer de banque, alors qu’ils le souhaitaient.

Crédit photo : Pierre Lecourt

 

 

 

 

 

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La Rédaction

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