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LREM : les aléas d’un jeune Parti qui a grandi très vite

Deux ans et demi de pouvoir ça use, et le Parti du président n’échappe pas à la règle. Une douzaine de députés macronistes, ont choisi de prendre leurs distances avec le Parti présidentiel. Cependant, ces départs restent minoritaires. Au-delà des cas très particuliers, ces prises de distance, révèlent la diversité d’opinions politiques du groupe sur certains sujets. Il ne faudrait pas non plus oublier, que ce Parti n’existait pas encore il y a quelques années.

En effet, ce sont les législatives de juin 2017, qui ont vu apparaître 309 membres et 4 apparentés dans l’hémicycle, avec pour étiquette, “La république en marche”, un parti né en 2016. Prêt à marcher oui, mais dans quelle direction, et à partir de là, certains ont décidé de suivre une autre route. Dernière en date, la députée du Gard Annie Chapelier, qui a quitté LREM en déclarant, qu’elle ne se reconnaissait “plus en rien” dans le mouvement macroniste. Elle a rejoint une douzaine d’autres députés, qui ont quitté le Parti, le groupe parlementaire, ou bien en siégeant comme membre apparenté.

Un Parti éclectique dans lequel certains sujets divisent

Bien sûr, au regard de ce qui arrive à la droite française, ou au presque-mort Parti socialiste, il n’y a pas matière à s’inquiéter vraiment. Cependant, ces départs révèlent les points d’achoppements à l’intérieur du Parti présidentielle. 3 sujets sont particulièrement crispants dans ce rassemblement, comme on dit maintenant, plutôt que Parti devenu presque péjoratif. Ces sujets sont, l’immigration, l’écologie et la politique sociale. L’aile gauche, déplore une politique menée depuis un an, jugée trop autoritaire et surtout trop libérale. De nombreux autres ne se retrouvent plus dans un mouvement qui ne fait pas assez la part à l’écologie.

Il n’y a pas qu’un aspect idéologique dans ces départs. Le fonctionnement du rassemblement est aussi pointé du doigt. Même si l’appellation n’aime plus le terme Parti, le fonctionnement pour plus d’efficacité en garde certains principes. Par exemple, la règle imposant aux députés LREM de voter selon une consigne collective. Cela a choqué au sein d’un groupe dont de nombreux membres sont de nouveaux élus. Ils découvrent ainsi les joies des rouages de la politique française.

Un Parti jeune qui doit privilégier l’efficacité

Ces départs, mettant en avant la jeunesse du Parti, il n’y a pas comme pour les vieux Partis, un attachement de longue date qui atténue les velléités de départ. De plus, on réfléchissait plus aux conséquences éventuelles d’une mise en retrait.

De fait, on minimise du côté de la direction de LREM, “les motivations sont différentes à chaque fois, il n’y a pas de divergences de fond. Souvent, ces ruptures sont liées à des tensions sur fonds d’investitures municipales ou de soutien local”. Il reste, que si le Parti est neuf, certains de ces membres sont de vieux guerriers de la politique. Pour ces habitués des joutes politiques, pas question de se laisser faire, et il s’agit aussi de faire pression sur ces dissidents. Stanislas Guerini, patron du mouvement, aurait menacé de ne pas leur accorder l’investiture LREM lors des législatives de 2022.

Crédit photo : Jeanne Menjoulet

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La Rédaction

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