Poli-tic

Covid-19 : l’élaboration délicate d’un vrai vaccin

Avant de tirer à boulets rouges et d’en venir à de nombreux noms d’oiseaux, il convient peut-être de comprendre les enjeux de la mise au point d’un vaccin. Les chercheurs sont confrontés à plusieurs difficultés importantes. De fait, plusieurs équipes dans le monde s’attellent différemment à la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19. Ce sont autant de points de vue et d’approches variées et indispensables. Cependant, elles se heurtent toutes à certains passages obligatoires, au moment où la course contre la montre dans la recherche vaccinale s’avère primordiale.

Les chercheurs se retrouvent donc dans un terrible défi. Il consiste à faire en 4 mois environ, ce qui demande en général plusieurs années. Le challenge se complique, car aucun vaccin contre un coronavirus n’a jamais été conçu. Pour compléter le tout, il faut s’assurer que le futur vaccin n’induise pas d’effets secondaires graves, voire une réinfection par le virus SARS-CoV-2. En temps normal, mettre au point un vaccin nécessite d’abord de parfaitement cerner le virus et concevoir un vecteur spécifique pour l’attaquer efficacement. Ensuite, la toxicité est à évaluer avec des essais sur des animaux. Ces études, sont ensuite reproduites chez l’être humain, avant que le vaccin soit testé à grande échelle. C’est pour cette raison, qu’entre le moment de la conception d’un vaccin et celui de sa commercialisation, 5 à 10 ans et parfois plus, sont nécessaires.

La recherche en terre inconnue

A l’impossible nul n’est tenu, cependant, il faut bien faire quelque chose, même si les recherches partent un peu vers l’inconnue. Jacques Le Pendu du centre de recherche en cancérologie et Immunologie à l’Inserm de Nantes et Angers, explique “dans le cas du virus du SRAS qui a donné lieu à l’épidémie de 2003, plusieurs vaccins ont été testés sur les animaux, souris et macaques, mais aucun n’a été essayé sur l’être humain”.

Et pour cause, jusqu’ici, le développement de cas a été trop peu important pour nécessiter une vaccination. Celle-ci, pourrait même s’avérer contre-productive. Les anticorps  se fixent sur les globules blancs, qui luttent contre le virus. Pour cela, ils augmentent l’internalisation du pathogène. Cette manœuvre induit une sévérité accrue de la pathologie. C’est ce qui s’est passé avec un vaccin contre la dengue. Avec le Covid-19, les chercheurs sont aussi confrontés au choc cytokinique. Il s’agit d’une violente réponse inflammatoire du système immunitaire qui pourrait être la cause de certains décès.

La proposition doit passer avant la critique

Tout ceci, nous amène à respecter toutes les démarches pour unir les recherches. Le temps, n’est pas aux querelles alimentées par de grosses ficelles, manichéennes. Certaines grosses voix, mais qui ne sont pas indispensables, voire incompétentes, devraient se taire. Les choses ne sont certainement pas blanches et noires, il n’est pas simplement question de lobbys ou de francs-tireurs, même si cela existe. Laissons, les chercheurs chercher le plus sereinement possible, et faire leurs propositions.

Plus il y en aura, plus le choix sera difficile et la critique aisée. C’est le jeu de la démocratie et de la responsabilité. En attendant, l’essentiel est de ne pas perdre de vue qui l’on combat en premier, et ce que l’on souhaite pour nos familles, nos proches et pour les autres.

Crédit photo : Christoffer A.Andersen

 

 

A propos de l'auteur

La Rédaction

La Rédaction