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Coronavirus : le virus avant tout médiatique et géographique

Le Covid-19 s’invite chez tout le monde. S’il y a une chose que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est de frapper partout. Bien sûr, il a des cibles privilégiées suivant les couches sociales, ou des endroits plus sensibles. Cependant, contrairement à d’autres épidémies, il reste difficile de montrer du doigt des communautés distinctes. On ne peut même pas désigner facilement des boucs-émissaires. Évidemment, certains s’évertuent par réflexe à le faire. Quand on ne trouve pas la solution rapidement, on désigne les coupables. Cette pandémie est perçue, comme la première mondiale de l’ère des réseaux sociaux. Il est à craindre que sa résolution et sa vision ne soient gérées essentiellement à travers ce prisme.

Pour le moment, les premiers responsables se nomment pangolin et chauves-souris. Après, les Chinois n’ont peut-être pas vraiment bien abordé les choses, et pour finir, nous sommes très nombreux à ne pas avoir bien perçu l’ampleur du désastre. De nombreux dirigeants non plus d’ailleurs, et certains continuent même à nier ou minimiser les choses, comme on peut nier le réchauffement climatique par exemple. Quant à sa résolution, la bataille pour avoir raison et imposer sa solution, prend souvent le pas sur la concertation et la mise en commun des avancées.

La pandémie des pays industrialisés

Le souci avec le coronavirus, c’est que cette pandémie s’est propagée dans de nombreux pays dit “développés” avant d’autres. Une pandémie un peu plus “raisonnable” aurait dû partir de Chine, aller vers les pays africains par exemple, et venir ensuite mourir à nos frontières. Les discours convenus et classiques, auraient pu être ressortis des placards et permettre aux pays occidentalisés de jouer leurs partitions classiques de sauveurs.

Et pan ! Que nenni, l’Europe est touchée de plein fouet, les Etats-Unis lui emboîtent le pas. Les vieux surtout et moins les jeunes, les riches et les puissants, comme les autres, et tout ce joli petit monde se passe le mot sur la toile. La mort au coin de la rue, n’est plus une affaire de pays “sous-développés” ou exotiques suivant les périodes, c’est ici et maintenant ! Vous dites “bonjour”, une poignée de main cordiale et c’est fini pour vous. Pire que cela, cette mort ne vient pas simplement à vous, on va la chercher. En effet, elle nous rappelle que la mondialisation, ce n’est pas simplement des étrangers qui viennent chez nous, c’est aussi, nous qui allons “ailleurs” au gré de nos humeurs, de nos voyages, de nos affaires et de notre tourisme.

Une pandémie médiatique

Du moment que les pays du G 7, 9 ou 10 sont touchés, le monde est moribond. Qu’importe si d’autres pays le sont moins, ou sont occupés à d’autres morts. Le coronavirus, reste la pandémie qui progresse et elle le restera tant que certains seront touchés. Ensuite, si elle a le bon goût de se diriger vers d’autres cieux, on dira que la pandémie régresse. Nos réseaux sociaux pourtant ouverts sur le monde, restent avant tout, une initiative narcissique.

“Charité bien ordonnée commence par soi-même” dit l’adage. Évidemment, que nous pensons naturellement en premier lieu, à nous et à nos proches. Cependant, il convient pour la suite de se souvenir, que cela va arriver aussi aux autres. Il ne faudra pas l’oublier dans nos belles déclarations en couleur, qui fleurissent sur nos pages Facebook.

Crédit photo : fusion medical animation EAgGqOiDDMg

 

 

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La Rédaction

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