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Fournisseurs alternatifs d’énergie : les conséquences de la baisse de consommation

Le confinement, a réduit considérablement l’activité, et donc a fait baisser la consommation d’énergie en France. Pour les amoureux de la nature, et même pour les autres, c’est une bonne chose. Cependant, il est évident que pour les fournisseurs d’énergie, c’est une autre histoire. On aurait du mal à plaindre les grands groupes pétroliers, ou certains gros fournisseurs privés. Pour eux, leurs gros actionnaires feront juste moins de bénéfices. Par contre, comme dans d’autres domaines, les petits fournisseurs d’énergie se retrouvent dans une situation critique. En France, ils doivent composer avec des excédents d’électricité qu’ils sont obligés de revendre à perte.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’une petite entreprise qui gère de l’énergie renouvelable, propose le plus souvent deux alternatives. Il s’agit à la fois d’une offre d’électricité provenant de producteurs locaux français, et d’une autre plus classique à moindre coût. Ce fournisseur, doit donc acheter en partie son électricité à EDF pour sa deuxième offre. Or, EDF n’est pas que le producteur, il se retrouve aussi en position de concurrent.

Les problèmes de stockage des petits fournisseurs d’électricité

Pour assurer un bon service, les petits fournisseurs achètent à l’avance l’énergie pour la durée du contrat de chaque client, afin de bloquer les prix. Actuellement, comme il y a une baisse de consommation d’électricité, le surplus d’énergie est tel qu’il ne peut pas être stocké. Il est donc revendu sur les marchés, où le prix s’est effondré, car tout le monde a des surplus à revendre.

Pour limiter la casse, il faut que les fournisseurs dont principalement EDF, accepte de baisser les livraisons d’énergie initiales. C’est là, qu’EDF rappelle à tout le monde, qu’il n’est pas que fournisseur et que pendant longtemps, il a eu le monopole de la distribution. Les contrats en place, qui sont appelés contrats “Arenh”, imposent à EDF de vendre a un prix fixe mais impose aussi un volume fixe, à ses concurrents. Ces contrats contiennent pourtant une clause spécifique en cas de force majeure. Cependant, elle concerne a priori que les cas touchant au nucléaire.

Des discussions dans l’impasse

Jusqu’ici, les discussions avec EDF n’ont rien donné. De gros acteurs comme Total Direct Energie, sont allés devant le tribunal de Commerce, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a été saisie, et pour l’instant rien n’y a fait. Le conseil d’Etat, a lui aussi été saisi par l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode). Seule la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a pris en considération la situation, pour accorder un décalage de paiement. 

Sans aide ou remise en question de la situation actuelle, qui met en exergue la position privilégiée d’EDF, la situation risque de devenir fatale pour de nombreux petits distributeurs d’énergie. Surtout, que le contexte général, ne sera certainement pas favorable, si le pays entre dans une phase de récession. Une baisse de la demande d’électricité, s’accompagnera inévitablement d’une chute des recettes des opérateurs et de leur trésorerie.

Crédit photo : Solange B

 

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La Rédaction

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