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Afrique de l’Ouest : les échos de la mise en place de l’Eco

On pourrait presque dire, “et pendant ce temps-là”, tellement l’actualité est tournée vers la crise du coronavirus. Pourtant, dans le cadre du rayonnement et de la présence française en Afrique, une page vient de se tourner. La France, a entériné officiellement mercredi dernier, la fin du franc CFA. Celui-ci, va maintenant s’appeler l’Eco. Évidemment, cette modification est avant tout symbolique, car elle était souvent perçue comme un vestige colonialiste par ses opposants.

Au-delà des symboles, les huit pays d’Afrique de l’Ouest vont d’abord décider, s’ils gardent pour cette nouvelle monnaie l’appellation Eco comme prévu initialement. Quoi qu’il en soit, la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ne sera plus tenue de maintenir la moitié de ses réserves de change auprès du Trésor français. Il est évident, que cette mesure constitue une dépendance vis-à-vis de la France. Dans la foulée, Paris se retire des instances de gouvernance dans lesquelles elle était présente. En effet, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque de France participaient aux deux réunions annuelles, dont l’une se déroulait obligatoirement à Paris.

La mise en place concrète d’une nouvelle monnaie

Par contre, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a tenu à préciser que “le rôle de la France évolue pour devenir celui d’un strict garant financier de la zone”. C’est pour cela, que la France continuera de jouer son rôle de garant pour cette monnaie. Il s’agit de maintenir une parité fixe avec l’euro.

Voilà pour la théorie, mais dans la réalité, il faudra surveiller plusieurs choses. D’une part, l’évolution concrète de la monnaie commune ouest-africaine. Le nouvel Eco, va-t-il s’étendre à l’ensemble des quinze pays, membre de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédeao), comme un précédent accord le précise ? D’autre part, six pays d’Afrique centrale (le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée-Equatoriale et le Tchad), qui forment une zone monétaire distincte, continueront à utiliser le franc CFA.

Une mise en place dans un contexte difficile

Enfin, si cette mesure apparaît moralement souhaitable au vu de ses relents “colonialiste “, car elle reste comme le président français l’a précisé, “l’un des vestiges de la Françafrique“, elle se déroule dans un contexte économiquement difficile. En effet, les pays africains subissent de plein fouet la crise économique provoquée par le coronavirus. En cause, d’une part la chute des prix du pétrole, et de ceux des matières premières. D’autre part, l‘Afrique fait face à une fuite des investisseurs, qui se replient sur des marchés plus sûrs.

Dans cette optique, la France plaide à l’échelon international pour un soutien aux pays africains. La France au sein du G20, a notamment obtenu il y a un mois un moratoire sur le paiement du service de la dette de cette année pour les 77 pays les plus pauvres. Cela concerne déjà, le Mali, d’autres devraient suivre comme l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Cameroun et la Mauritanie.

Il s’agit encore et toujours de relâcher et d’équilibrer un peu plus les liens entre la France et des pays africains, mais pas de les couper. Les termes de collaboration et d’intérêts communs, doivent prendre le dessus.

Crédit photo : afrique-investissement.

 

 

 

 

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La Rédaction

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