Poli-tic

Pierre Moscovici : le technocrate énarque démocrate, parisien européen, politiquement sans fin

76111_france-s-finance-minister-pierre-moscovici-attends-a-news-conference-in-paris

Pierre Moscovici, a priori, les plus jeunes ne connaissent pas et les plus anciens en auront un vague souvenir. Cependant, les plus à la page, feront remarquer que loin des plateaux et des joutes politique, l’homme mène une carrière, certes dans l’ombre, mais qui n’en cache pas moins, une vraie ambition. A 62 ans, le voilà prendre place dans le fauteuil de premier président de la Cour des comptes.

Une nouvelle fois, cet ancien ministre socialiste et commissaire européen, va rebondir pour occuper un de ces postes redondants qui hérissent le poil des populistes. Il faut dire, que Pierre Moscovici a tout pour faire partie d’un ou plusieurs de ces grands complots quelconques, qui pullulent sur la toile.

Un vrai parcours politique classique

C’est tout d’abord, un pur produit de l’administration française, celle qui forme des types qui réfléchissent sur des problèmes, sans connaître la réalité des choses. Ensuite, cet ancien élève de l’ENA, a eu la bonne idée de devenir socialiste, et même pendant un moment trotskiste, avant de devenir un vrai social-démocrate, comme on aime les détester.

De son côté, il s’est bien débrouillé, car ce Parisien, entré au Parti socialiste en 1984, a réussi ses premières armes politiques en Province. Il est devenu député du Doubs. Le paradoxe se complète, lorsque l’on sait que celui qui a œuvré à Sochaux sur les terres de Peugeot, n’a pas son permis. Ce fidèle de Dominique Strauss-Kahn, s’est permis un joli rebond en intégrant l’équipe de campagne de François Hollande, après des révélations assassines d’ordre sexuel, concernant son mentor en 2011.

Un défenseur acharné de la cause européenne

Par contre, une constante chez lui, c’est la cause européenne. Il fut 2 deux fois ministre et notamment aux Affaires européennes sous Lionel Jospin. Ensuite, il a mené le ministère de l’Économie et des Finances, et c’est à la suite de son départ, qu’il s’est retrouvé à la Commission européenne en 2014.

Il n’est pas vraiment très proche du président, et il a même eu maille à partir avec lui. Par contre, il est proche de quelques proches de Jupiter. Rappelons, qu’Alexis Kohler, bras droit du président, a ainsi été son directeur de cabinet adjoint à Bercy. A la tête de la Cour des comptes, l’ancien Commissaire européen va continuer un exercice familier. Il s’agit de vérifier les projets de budget de l’Etat français. Il devra compter sur toute son expérience pour faire face à une situation budgétaire quasi inédite. En raison de la pandémie de coronavirus, et des mesures de confinement qui ont paralysé l’économie, le déficit public français pourrait flirter cette année avec les 10 % du PIB.

Vous l’avez compris, ce fils de grands intellectuels juifs venus d’Europe de l’Est, qui a pour père le psychosociologue Serge Moscovici, et pour mère Marie Bromberg, une psychanalyste de renom, est le cas typique de l’intellectuel politique parisien. A ce titre, pour ses partisans, c’est un grand artisan et serviteur de l’Etat et de l’Europe, qui occupe les plus hautes fonctions, comme sa formation et ses capacités le lui permettent. Pour d’autres, ce sera surtout un grand profiteur insubmersible, qui a toujours su naviguer dans les méandres de la politique, comme sa formation et ses capacités le lui permettent.

Crédit photo : 76111 france finance-minister

A propos de l'auteur

La Rédaction

La Rédaction