L'Echo

Le rétrofit : une nouvelle vie électrique pour votre voiture

Une nouvelle technologie pour les véhicules est en train de faire sa route. Il s’agit du rétrofit électrique. Derrière cette appellation, se cache la manière de convertir son véhicule diesel ou essence, en électrique. Cette technologie vient d’être autorisée officiellement. Elle ouvre de larges possibilités, mais elle se heurte encore à un obstacle de taille, son prix.

En théorie rien de plus simple, vous prenez une voiture ayant une motorisation thermique, et vous la remplacez par un moteur électrique et des batteries, ou des piles à combustible (hydrogène). A part cela, vous touchez à rien. Bien sûr, l’avantage est de donner une sorte de seconde vie aux véhicules en les électrifiant. Le procédé ne se limite pas aux voitures, mais peut se décliner sur tous les véhicules, à savoir du bus et autres poids lourds, jusqu’au scooter.

Une nouvelle filière encore onéreuse à mettre en place

Les premières évaluations sont bonnes, car le rétrofit pourrait favoriser la diffusion de l’électrique. Cependant, nous ne sommes qu’à la phase de mise en place, car aucune voiture “rétrofitée” ne roule encore sur les routes, faute d’avoir eu le droit à une homologation avant 2020. Cependant, de jeunes entreprises françaises se sont lancées sur le créneau. Elles ont mis au point des “prototypes opérationnels” qui ont déjà parcouru quelques milliers de kilomètres. Reste à envisager, l’homologation de ces prototypes, permise par l’arrêté Retrofit.

Le choix d’une homologation de processus de transformation, a été adopté dans d’autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. “L’objectif est de créer une filière industrielle du rétrofit française, et demain européenne“, explique à Numerama Damien Pichereau, député LREM de la Sarthe. Celui-ci, est très engagé dans le projet de l’arrêté. Toutefois, il faudra faire attention à ne pas concurrencer la fabrication de voitures électriques neuves.

Pour le moment, le prix de l’opération étant encore conséquent, des entreprises comme Retrofuture ou Ian Motion, se sont lancées sur le segment de la conversion de voitures “mythiques”. Cela s’adresse en priorité, aux collectionneurs et amateurs de vieilles voitures, comme la Porsche 912 ou l’Austin Mini. Pour cela, les prix pour une voiture vintage rétrofitée, démarrent à 20 000 euros (hors prime à la conversion), mais il s’agit là, d’un marché de collectionneurs et de passionnés.

Pour le reste, certains acteurs visent la transformation des citadines classiques, dédiées à de petits trajets quotidiens. On pense par exemple, à la Renault Clio, la Citroën C1 ou encore la Renault Twingo. Il est alors annoncé des prix de conversion de citadine à partir de 5 000 euros “primes et bonus déduits”. En moyenne, ce sera plutôt de l’ordre de 10 000 euros.

Le soutien des pouvoirs publics

Il faudra faire mieux, et heureusement, on attend une réduction des coûts d’homologation. De plus, les prix des batteries baissent, même si ce composant reste encore aujourd’hui l’un des plus onéreux. 

Quoi qu’il soit, comme nous sommes en France, la conversion à l’électrique au rétrofit ne pourra pas se faire sans l’appui des décideurs publics. Les défenseurs de la technologie appellent à un soutien de la filière naissante, en matière d’investissements notamment. Le parlementaire Damien Pichereau, insiste pour que les collectivités locales renouvellent ainsi leurs flottes en respectant les obligations de la loi orientation mobilité, en termes de proportion de véhicules propres, à l’aide d’achats neuf et du rétrofit. A cela, pourrait se rajouter l’accès du rétrofit à la prime à la conversion électrique, annoncé lors de la présentation du plan national de relance du secteur automobile.

Crédit photo : pawel puszkarski-

 

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La Rédaction

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