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La protection du Mont-Blanc ou les limites de la liberté

Nous assistons une nouvelle fois, à la terrible bataille entre la préservation des libertés et la préservation de la nature. Cette fois, c’est le Mont-Blanc qui en est l’enjeu. Un arrêté de préservation est en cours d’élaboration, pour préserver le massif du Mont-Blanc. De nouvelles règles seront bientôt imposées au sommet, pour parer à la dégradation de la montagne.

Ce combat est mené depuis dix-sept ans par le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex. L’affaire vient de prendre un nouveau tournant avec l’entrée en jeu dans le dossier du président de la République. Un document a été élaboré, pour encadrer les activités qui seront autorisées sur le plus haut sommet de l’Europe Occidentale. Il va mettre fin à des dérives qui ont vu des concerts s’organiser, des activités allant même jusqu’au jacuzzi, et autres campings sauvages. Il était devenu question d’ascension en VTT, mais aussi en rameur et bien d’autres.

Des décisions pour l’instant jamais appliquées

Tout ceci, fut possible au nom de la volonté de maintenir un esprit de liberté inhérent à la montagne. Il reste, que cet esprit a longtemps concerné une poignée de personnes, “sensibles” à l’endroit qu’elles fréquentaient. Maintenant, le Mont-Blanc est simplement devenu un cadre pour une activité quelconque. Le nom donne surtout matière à faire un magnifique “selphie”.

Bien sûr, il y a déjà eu des prises de décisions et des textes, qui ont été mis en place. Sur le terrain, personne les a appliquées au nom du principe, selon lequel la montagne est un espace de liberté. Une liberté qui aurait pu coûter au gardien du refuge, son intégrité physique. Il a failli se faire casser la figure. On retrouve, les conséquences hélas classiques, de la surfréquentation d’un site. Il convient donc, de revenir à un minimum de bonnes pratiques, pour retrouver l’équilibre indispensable à la sérénité et la pérennité du lieu. Pour cela, les activités autorisées tourneront uniquement autour de l’alpinisme et au ski d’alpinisme.

Des limites géographiques et des limites d’âge

Géographiquement, cela concerne plus particulièrement une zone qui regroupe une bonne partie du massif du Mont-Blanc du côté des Houches, de Chamonix et de Saint-Gervais. Par contre, les utilisateurs du tramway et du train à crémaillère, pourront évidemment faire autre chose que de l’alpinisme et du ski. En suivant des règles de respect du site, il doit être possible de faire du trail ou du VTT. Il sera aussi possible de monter avec sa voile dans le dos et de redescendre en parapente.

La réglementation pourrait aussi concerner l’âge des pratiquants de certaines activités. Le conseiller montagne du préfet et le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), voudraient éviter les excès. Par exemple, celui d’un Russe, qui a voulu faire l’ascension du Mont-Blanc avec son gamin de 7 ans. Le débat sur l’instauration d’un âge minimum est ouvert. De même, le recours obligatoire à un accompagnement par un guide, est étudié au-dessous d’un certain âge.

Quoi qu’il en soit, tout ceci est encore en discussions avec tous les acteurs, pour aboutir à des propositions. Celles-ci seront dans la deuxième quinzaine d’août, mises à disposition du public. Chacun pourra donner son avis. Après cela, le préfet signera l’arrêté, et la mise en place définitive sera faite à l’automne.

Crédit photo : mat reding

 

 

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La Rédaction

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