Non classé

La crise du coronavirus aux portes des dictionnaires

Cent cinquante mots nouveaux, c’est une bonne moyenne traditionnelle concernant le nombre de mots, qui entrent chaque année dans Le Larousse et Le Robert. Ce n’est pas vraiment beaucoup au regard des 25 000 mots, que la langue française crée chaque année. On intègre dans ce chiffre, des utilisations à l’oral, comme à l’écrit, pour toute la francophonie. La plupart de ces mots, auront une vie très courte, mais certains perdureront. Cette année l’édition 2021, ne pourra pas intégrer tout le vocabulaire associé, à la crise sanitaire mondiale. Certains mots, comme “COVID”, ont pu être insérés que dans la version en ligne du Robert. Pour la version papier, il faudra attendre l’édition 2022.

Déconfinement, le terme qui s’impose

Comme on peut l’imaginer, on retrouvera des mots en relation avec la terrible actualité. C’est ainsi, que déconfinement ou déconfiner, apparaissent, car tout le monde emploie ce terme, et qu’il est entré dans la langue française par la grande porte. A noter, que ce n’est pas un anglicisme, comme côté italien. Les transalpins, ont préféré avoir recours au mot anglais “lockdown” pour parler du “confinement”. Il reste, que l’actualité sert aussi d’occasion, pour redécouvrir des mots plus anciens. Ils reviennent sur le devant de la scène, de manière bien tragique. Parmi eux, on retrouve distanciation et confinement . De même, la téléconsultation existe depuis 1971, cependant, elle n’avait jamais eu l’honneur d’être officiellement citée. Les avancées technologiques concernant la pratique et son recours massif de ses derniers mois, ont mis fin à cette carence. Il aura fallu la crise sanitaire, pour leur donner le droit d’entrer dans le dictionnaire.

La vie des mots, est plus intense que l’on pourrait le penser. Elle suit les aléas de nos existences. Du coup, certains mots prennent une tournure nouvelle en passant du langage spécialisé au langage courant. C’est ce qui est arrivé dans le Larousse, pour la pandémie, anosmie et bien sûr coronavirus.

A chaque dictionnaire, ses petites préférences

A partir de là, chaque dictionnaire a ses chouchous. Cette année pour le Robert, ce sera “illectronisme” qui signifie non-maîtrise des ressources électroniques, et le “présentéisme”, pratiqué par certains salariés, et qui veut dire, se présenter au travail pour ne rien faire. Côté Larousse, il faut noter collapsologie, la théorie de l’effondrement global de la civilisation et “hipstérisation” qui détermine la gentrification par les hipsters.

Enfin bonne nouvelle, le Petit Larousse a intégré plus de mots de la francophonie, que de mots anglais. Pour l’exemple, citons le terme ivoirien “brouteur” qui signifie “arnaqueur opérant sur Internet” et “nanane”, qui est l’équivalent de notre “bonbon” au Québec. Dans la rubrique des noms propres, il faut noter l’arrivée de la militante écologiste suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, et de Guillaume Gallienne, le comédien et cinéaste français, sociétaire de la Comédie-Française.

Crédit photo : romain-vignes

 

 

A propos de l'auteur

La Rédaction

La Rédaction