L'Echo

Barbès : Tati va quitter le quartier en laissant quelques reproches…..choir

Bien sûr, ce n’était pas la Tour Eiffel ou le Louvre, mais tout de même, le magasin Tati de Barbes avait tout du lieu emblématique de la capitale. Que ce soit le Francilien de manière régulière, ou le touriste et le provincial à titre occasionnel, tout le monde a fréquenté ce haut lieu du shopping bon marché. Celui-ci, va hélas fermer, car la crise du coronavirus a accentué la baisse de ses ventes.

On pouvait presque employer le qualificatif d’historique, à propos de ce magasin qui faisait partie du décor du quartier depuis 1948. Ce n’est que le triste aboutissement d’une longue et régulière baisse d’activité, fatale au groupe fondé par Jules Ouaki. Depuis 2004, il était devenu la propriété d’Eram. En 2017, l’enseigne a de nouveau été mise en vente, puis placée en redressement judiciaire.

Une lente, mais irréversible dégringolade

Le groupe GPG avait alors été choisi pour reprendre les 109 magasins et les 1 428 salariés, avec la promesse de maintenir l’enseigne Tati. L’investissement de 150 millions d’euros, n’a pas suffi à inverser la tendance. L’enseigne aux couleurs roses caractéristiques, a accusé selon ses dirigeants, une baisse de 60 % de ses ventes, par rapport à la même période de l’année précédente. Comme on peut l’imaginer, cette annonce de fermeture ainsi que celle de la cession de 18 établissements Tati à KLO, une nouvelle enseigne de déstockage détenue par d’anciens dirigeants de Gifi, n’enchantent guère les salariés et les syndicats. Ceux-ci, rappellent que Gifi avait précisément obtenu le soutien de la majorité des salariés en leur promettant le maintien du magasin de Barbès.

Cependant, il convient de préciser que la crise du coronavirus, a joué le rôle d’accélérateur, mais pas de celui de créateur de la situation. En fait, le secteur de l’habillement est en difficulté depuis maintenant dix ans du fait essentiellement d’Internet, ainsi que d’une farouche concurrence sur les prix, et de l’émergence de nouveaux acteurs. Il faut aussi rajouter là-dessus, différentes grèves et conflits sociaux au niveau national, ainsi que les “gilets jaunes”. Au final, l’épidémie de la Covid-19, a été malheureusement pour beaucoup, le coup de grâce.

Le secteur de l’habillement en pleine mutation

La transformation du secteur, est en large partie liée à la place que prend le commerce en ligne, il représente 15 % de l’habillement. Dans ce contexte, pour se mettre “à la mode”, depuis dix ans les entreprises doivent constamment s’adapter. Tout a un coût, et il est devenu difficile d’investir massivement dans un marché en pleine mutation. L’impact se ressent aussi sur les habitudes de consommation. Aujourd’hui, le client recherche un produit un peu plus particulier qu’il ne peut pas trouver chez un autre acteur. L’intérêt se porte plus vers les marques capables de se différencier, il faut proposer des produits plus spécifiques et qui apportent une plus-value à son client.

Donc, pour les magasins de vêtements, il faut s’allier avec le diable. En effet, il devient indispensable pour survivre, d’être présent sur le net. Cela entraîne le risque de ne plus avoir de clients dans les magasins et ainsi se faire en quelque sorte concurrence. Il faut investir dans des outils informatiques, dans une logistique efficace, pour pouvoir répondre aux nouvelles attentes.

Crédit photo : Laetitia

 

 

 

 

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La Rédaction

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