Ça transpire !

Mediapro contre LFP : le match s’éternise

La situation est tendue entre la LFP (Ligue de football professionnel) et le groupe audiovisuel Mediapro. Il faut dire, que les enjeux financiers sont énormes autour des droits de diffusion des matchs de L1, et l’éventualité d’une sortie de crise semble encore bien loin. Bien sûr, chacun avance ses arguments, mais derrière les annonces de façades, d’autres tractations se déroulent en sous-main. Difficile d’y voir clair dans ce qui se passe réellement, surtout que de nombreux autres acteurs s’en mêlent.

Un match très serré s’engage

Tout a débuté avec un accord fabuleux (trop) entre la société Mediapro et la LFP. Celle-ci s’est laissé griser par l’euphorie qui habite le championnat français, depuis une quinzaine d’années. Suivant les exemples d’autres championnats, notamment anglais, le football français est parti dans une surenchère télévisuelle. L’appât du gain, a comme souvent fait oublier les précautions d’usage. Au fur et à mesure, les revenus de plusieurs clubs, et surtout plus modestes du championnat, sont devenus dépendants à plus de 50 % de la redistribution des droits télés.

D’ailleurs, ces fameux gains télévisuels sont remis en cause, car Mediapro ne peut plus honorer ses engagements. Selon l’équipe, le groupe sino-espagnol souhaite négocier le montant des droits TV pour lequel il s’était engagé en 2018. Il souhaiterait une ristourne d’environ 200 millions d’euros sur les plus de 800 millions d’euros, dus cette saison. Le groupe estime, que la situation actuelle ne correspond plus à la prestation espérée.

Tout le monde joue la défense

Les 2 parties campent sur leurs positions. Du coup, la LFP a déjà fait un emprunt à court terme de 120 millions d’euros pour compenser l’absence du versement du mois d’octobre. Cet emprunt, a été contracté auprès d’un autre financeur, tenu secret. Sans un nouvel accord, la Ligue va devoir réitérer cette démarche. Tout ceci montre la dépendance extrême du football professionnel et la fragilité de son fonctionnement. Pour un nouvel accord, il faut une conciliation, que Mediapro n’est pas pressé de conclure, car pendant ce temps, les paiements sont suspendus. Cette procédure peut en théorie durer jusqu’à cinq mois.

L’Etat pourrait entrer en jeu dans les prolongations

Il faut donc faire appel à d’autres intervenants qui peuvent par exemple prendre la forme d’un concurrent de Mediapro, pour agiter les sonnettes de la concurrence. C’est pour cela, que de nombreux médias évoquent la présence de Canal + dans les discussions. Cependant, la chaîne cryptée interrogée par l’AFP, n’a pas souhaité faire de commentaire. On note aussi, que le ministre de l’Éducation nationale et des sports Jean-Michel Blanquer, a expliqué que l’État sera “très attentif à ce qu’aucun club ne fasse faillite en L1”. Le président de la République lui-même, a souligné l’extrême légèreté de la LFP dans ce dossier. Il a déclaré, “je pense que les personnes qui l’on négocié n’ont pas été sérieuses”.

Plusieurs issues sont possibles dans cette affaire. Tout d’abord, une ristourne serait éventuellement accordée au diffuseur, mais la concurrence pourrait alors se manifester. Ensuite, Mediapro pourrait définitivement renoncer en réglant une indemnité de sortie, en échange de l’assurance, que la Ligue ne le poursuivra pas en justice. Dans ce cas, un nouvel appel d’offres sera mis sur pied.

Crédit photo : TF1 audience football_France

 

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La Rédaction

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