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Prise d’assaut du Congrès américain : tout sauf une surprise

Les événements du Capitole ne sont pas des conséquences hasardeuses d’une poussée de fièvre. Il y a tout d’abord la responsabilité de Trump dans ses discours incendiaires et ses déclarations fracassantes. Il y aussi une clique de personnes bien décidées qui ont largement orchestré le tout. De fait, les prises de photo dans le bureau de Nancy Pelosi ne montre nullement un manifestant lambda qui passe par là. L’étrange manque de préparation des forces de l’ordre pose aussi un large questionnement. 

Une action bien préparée

Redonner le pouvoir aux Américains de base et écarter les politiciens du pouvoir, c’est un des credo annoncé des manifestants pro-Trump. Il s’agit de faire croire que tout le monde peut tout faire et surtout que le pouvoir est à la porter du premier venu. Un populisme aux reflets anarchiques et instinctifs, mais trop bien agencé pour ne pas cacher des ficelles et des intentions beaucoup plus préparée et manipulatrice.

Des habitués extrémistes du camp Trump

Par exemple, l’homme assis dans le fauteuil dans du bureau de Nancy Pelosi, cheffe de file des démocrates à la Chambre des représentants, n’est pas le premier venu. Il ne se retrouve là pas par hasard. Son nom est Richard Barnett et il n’en n’est pas a son coup d’essai. Il a fondé l’association 2A NWA STAND, qui défend localement le droit au port d’armes. Il était évidemment présent aux manifestations en soutien au président sortant. Richard Barnett avait été interviewé à un rassemblement républicain en novembre dernier par une chaîne de télévision locale. C’est enfin le même qui a aussi pris part en juin à une manifestation contre le port du masque attirant là encore l’attention des médias locaux. Il tient évidemment a ce que son exploit ne passe pas inaperçu.

Un sentiment d’impunité

Tout ceci démontre surtout un vrai sentiment, plus ou moins réel d’impunité. Une enquête devrait logiquement expliquer les raisons de la facilité relative avec laquelle les manifestants sont entrés dans les lieux. Pourtant, il n’y a pas eu de surprise, car les tout était préparé et surtout partagés sur les réseaux sociaux. De nombreuses démissions dans les rangs des forces de l’ordre ont déjà été annoncés.

Malgré la liste des infractions

Il reste que l’on dénote actuellement seulement 15 arrestations. Cela peut sembler peu par rapport aux nombres de personnes. Ce ne sont pourtant pas les motifs qui manquent, car selon la loi américaine le fait de se rendre dans les deux chambres du Congrès sans autorisation est déjà une infraction. On peut en rajouter d’autres à la liste. Porter une arme dans le but de perturber les travaux des élus ou rien que le fait de grimper sur une statue ou sur une fontaine dans le Capitole est puni. On peut donc retenir facilement l’intrusion et le vandalisme contre les manifestants.

Et maintenant…

De nombreuses voix font remarquer leur étonnement vers ce manque de réaction de la part d’une justice souvent si prompte à réagir. Elles évoquent, non sans esprit polémique que les émeutiers ne sont pas issues de minorité ethnique. Cependant, ces événements ont pris une tournure hélas tragique. Des personnes ont perdus la vie, cela change la nature de ce qui s’est passée. D’autre part, le Département de la Justice a fait savoir que la disposition adoptée cet été contre les manifestants interpellés lors des manifestations de Black Lives Matter pour atteinte à la propriété fédérale s’appliquerait aux émeutiers du Capitole. Elle prévoit une peine de 10 ans de prison.

Il ne manquerai plus que tout se joli petit monde essaye de retourner l’entière responsabilité vers Donald Trump qui lui-même aura eu le bon goût de s’amnistier lui-même.

Crédit photo : julien gaud

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La Rédaction