Ça transpire !

La MLS veut faire de l’affaire “Blaise Matuidi “, un exemple

Vous n’allez pas le croire, mais le football professionnel aux Etats-Unis a plus de contraintes administratives et financières qu’en Europe. En effet, a travers le cas Blaise Matuidi, ce sont les restrictions fixées par la ligue de football des Etats-Unis( MLS ) qui émergent aux grands jours. Celle-ci enquête de près sur la validité du contrat de Blaise Matuidi avec l’Inter Miami. C’est une première car c’est la première fois que la ligue américaine s’interroge officiellement et publiquement sur la validité du contrat d’un joueur. L’Inter Miami s’expose à des sanctions financières et sportives.

Un championnat géré de main de fer par la MLS

Il faut tout d’abord comprendre comment le championnat américain est géré. A ce propos, la MLS n’a pas du tout le même fonctionnement qu’un championnat européen. Aux États-Unis, c’est la ligue qui est propriétaire des contrats des joueurs. A partir de là, elle distribue chaque année un budget d’environ cinq millions de dollars par effectif. L’idée est de maintenir une certaine équité sportive et un équilibre de progression globale au sein du championnat. Au fur et à mesure que le football progresse dans le pays, la ligue desserre l’étau. La MLS a instauré de nombreuses règles d’exception. Il y en a 2 principales, celle du “joueur désigné” pour les joueurs vedettes, et celle du “joueur TAM”. Ce dernier statut (Targeted Allocation Money), s’adresse généralement aux jeunes joueurs à fort potentiel. Le salaire est plafonné à 1,612 millions de dollars. 

Le contrat un peu limite de Blaise Matuidi

Les conditions sont strictes et ressemblent a ce qui se faisait en Europe avant l’arrêt Bosman. La règle du “joueur désigné” permet à un club de rémunérer trois joueurs de son effectif au-delà de tout plafond imposé par la ligue. Or, dans l’effectif de louche, car trois places sont déjà attribuées à d’autres joueurs. Du coup, Matuidi a signé en Floride un contrat TAM. Évidemment, cela fait un peu louche car à 33 ans, le champion du monde Français est loin d’être un jeune joueur à l’avenir prometteur. De plus, il arrive de la Juventus ou son salaire était nettement plus conséquent que le maximum prévu pour ce type de contrat.

Des dessous de table ?

La question est de savoir, quels sont les arguments que David Beckham a avancé en août 2020 pour attirer le milieu de terrain Français dans son club ? L’objectif de l’investigation en cours est de déterminer si le club a payé une partie du salaire de Blaise Matuidi sous la table, ou s’il lui a offert des avantages en nature pour compenser le plafonnement de son salaire.

Un championnat victime de son succès

Jusque ici, la MLS avait certainement réussi à négocier quelques cas litigieux. Cependant, le championnat américain est victime de son succès et de sa progression. De nombreux clubs ont les dents longues et un assouplissement du cadre légal de la MLS paraît pourtant inévitable pour atteindre le niveau des cinq grands championnats européens. On ne peut pas non plus reprocher à l’Inter Miami son ambition et sa volonté de faire venir plus de joueurs cotés. Il semblerait que la Ligue soit consciente de tout cela, mais elle veut certainement avec cette enquête montrer qu’elle reste maîtresse des décisions. Elle veille au grain vis-à-vis du respect de ses règles de fonctionnement.

Une amende et une régularisation en vue

L’Inter Miami va certainement être sanctionné. Il va devoir payer une amende et surtout être obligés de régler la situation administrative, de Matuidi. Cela ne devrait pas remettre en cause le futur du milieu de terrain français à Miami. Il s’est très bien intégré et est devenu un joueur indispensable de l’effectif. Rajoutons que toute sa famille se plaît énormément à Miami. Gageons que le club a dû mettre tout en œuvre pour compenser un salaire un peu juste.

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La Rédaction