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Une cérémonie des Césars a bout de souffle

La culture, l’art et bien sûr le cinéma cela ne se défend pas, cela se cultive, s’articule autour d’un bon script. De nombreux moments qui ont émaillé la cérémonie des Césars, ont rapetissé le grand écran en sortant du champ. Ce rassemblement, dans des conditions assez inédites, était peut-être l’occasion de rappeler ce que le cinéma nous apporte. Il suffisait d’un minimum de pédagogie à l’attention des consommateurs d’images que nous sommes pour la plupart d’entre nous. Il eut fallu, le temps d’une soirée, d’un minimum d’ambition pour nous aider à devenir un peu plus les “acteurs” de cet art populaire qui souffre.

Tout d’abord, il faut avoir une pensée pour certains nominés et ceux qui ont été récompensés. Ces talents sont certainement venus sur scène ému et fier. Ils et elles ont fait un petit speech, mais l’essentiel a été accaparé par autres choses. Il n’était plus question de cinéma, comme souvent, mais de politique, d’argent, d’art, de culture. Que de notions sûrement trop vaste a traiter pour une soirée, alors les raccourcis ont été fatals. Hélas donc, certains nominés et certains vainqueurs devront chaque fois répéter qu’ils l’ont eu leur césar “à la soirée et l’année ou“.

Le difficile équilibre d’une telle soirée

Ce n’est pas la première fois que les choses dérapent et à la limite, cela fait partie des “passages obligés”, un peu comme la scène de nu après les dix premières minutes dans les scénarios standards de certains films. Cependant, cette fois, il n’y eu pas vraiment eu de quoi compensé. L’exercice est certes périlleux, en effet, hiérarchisé l’émotion, le ressenti, le plaisir, cela semble difficile. C’est cette logique qui a fait qu’Albert Dupontel, le grand gagnant de la soirée n’a pas voulu participé. Droit dans ses bottes et dans sa logique, il refuse de récolter des “bons points” sous formes de césars.

Sans aller jusqu’à cette attitude, il serait certainement salutaire d’avoir un peu moins de prétention et de ne pas endosser des costumes un peu trop larges. A situation inédite, format de Césars inédit. C’était peut-être juste l’occasion de nominer la patience d’une équipe de cinéma en attendant qu’un âne avance au bon moment. On aurait pu évoquer le travail sur soi d’un acteur pour se mettre en condition et la synchronisation d’un contre-champ accablant pour renforcer la peine d’une larme qui tombe au bon moment. De même, que dire de ces plans large parfaitement équilibré a l’éclairage parfait qui nous rappelle ou nous fait découvrir les fondamentaux de la peinture de nos grands maitres. Ce sont dans ces moments magiques que le cinéma peut avoir l’ambition d’être le septième art au point de devenir immortel …et mourir.

Une cérémonie aux contours inédits

A travers tout cela, le simple spectateur que nous sommes comprend encore plus aisément, non pas la différence mais le gouffre qu’il peut exister a de nombreux niveaux entre une vidéo faite sur YouTube, un téléfilm pour la télé et un film pour une diffusion en salle. Tout ce travail nécessite des spécialistes à tous les niveaux et justifie leur importance.

A ce jeu, l’occasion était belle de concocter une cérémonie revendicative dans le fond et la forme et pas seulement dans le discours. Fonce Alphonse, une absence de public par exemple est une bonne occasion de montrer son importance. Ajouter à cela un scénario et des dialogues plus élaborée et surtout une mise en scène nouvelle. En somme, traiter la soirée des césars à la manière d’un film, mettant en lumière un travail d’équipe et non pas comme une somme de velléités individuelles plus ou moins narcissiques. Il s’agit de démontrer et justifier au moins l’importance pour ne pas dire essentielle, a travers un savoir faire, de l’existence de tous ces intermittents du spectacle, avant de réclamer de l’argent à jean, ou crier famine à Roselyne.

Crédit photo : Lo Ra

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La Rédaction