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L’inaction et le retrait comme secret de la popularité politique

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En politique, pour durer et pour se maintenir sa popularité, il ne faut pas être constamment en première ligne. C’est pour cela que l’exercice du pouvoir n’est pas chose facile en vue d’une réélection. C’est aussi pour cela que le moment d’annoncer sa candidature relève de la stratégie et demande une mure réflexion. Pas trop tard, mais surtout pas trop tôt, car rester en position de recours sans avoir de compte à rendre, c’est une position rare qu’il convient de savourer.

Les incontournables d’abord

Au fur et à mesure, les incontournables du moment sortent du bois. Ainsi Jean-luc Mélenchon pour la pour la France Insoumise et Marine Le Pen pour le Rassemblement national ont déjà officialisé leur candidature pour les Présidentielles de 2022. Ils ont été rejoints par le communiste Fabien Roussel. A partir de la, des candidatures aux contours et a l’étiquette plus flous se sont définies. Xavier Bertrand par exemple se présente au nom d’une ” droite sociale et populaire”.

Ensuite, les éventualités

De fait, il convient de se tourner vers ceux qui occupent les première places des sondages. Les ténors, qui font les beaux jours des instituts de sondages. À gauche, les partisans sont toujours sous le charme de l’inamovible star que représente Nicolas Hulot, il devance Olivier Besancenot. Ils ont pour eux d’être moins aux prises avec les luttes politiques. Par contre, la popularité d’Anne Hidalgo devance celle de Jean-Luc Mélenchon et François Hollande.

A droite, on retrouve aussi un ex-président en la personne de Nicolas Sarkozy. Il garde la première place du classement mais ce leadership risque de pâtir des suites de ces derniers démêlés avec la justice. Les figures qui enregistrent des hausses dans ce premier trimestre sont a des degrés divers Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Gérard Larcher, Christian Jacob , Bruno Retailleau et François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et Gabriel Attal.

Le cas d’école : Edouard Phillipe

Au milieu de tout cela, une mention spéciale a Edouard Philippe. Il est l’exemple type de ces revirements obtenus lorsque l’on est moins aux commandes. En effet, sa cote de popularité affole les compteurs médiatiques depuis son retrait gouvernemental. Difficile de se rappeler et de retrouver ce Premier ministre en prise avec la crise des gilets jaunes. A l’époque son nom ne cesser d’être vilipendé sur les ronds-points. Aujourd’hui, de nombreux sondages l’accréditent de scores avoisinant les 55 %, il devance même l’inoffensif Nicolas Hublot.

Pourtant, il n’était plus vraiment très populaire lorsqu’il a imposé une baisse de la limitation de vitesse sur les routes secondaires de 90 à 80 km/h. Et que dire du maintien de la hausse des taxes sur les carburants qui a déclenché la révolte des Gilets Jaunes. On rajoute à cela le cafouillage sur l’âge pivot de 64 ans, pour finir le premier très sévère confinement anti-Covid.

Des Français à la mémoire courte

Cependant, il quitte son poste en plein renouveau, car tout le monde pense à l’époque que ses mesures strictes et courageuses vont permettre d’éradiquer le virus. Ensuite, il quitte le gouvernement le 3 juillet 2020 et sans avoir la moindre action politique nationale, il garde une image volontariste. Vous rajoutez à cela une bonne dose d’amnésie encouragée par une actualité bien encombrée et revoilà notre Edouard Philippe presque comme neuf.

Mais pas tous..

Enfin peut-être pas complètement, un retour éventuel dans l’arène politique pourrait raviver quelques vieux souvenirs. Certains Français se rappelleront que son passage à Matignon, ne fut pas, comme pour ses prédécesseurs, un long fleuve tranquille. On ne peut pas baser une quelconque conquête du pouvoir sur une simple cote de popularité élevée et de vagues conseils faisant souvent office de critiques. Surtout si cela est dû, plus à une inaction du moment que sur un constat rigoureux de son action passée. Cette réflexion est d’ailleurs valable pour bien d’autres candidatures possibles et éventuelles.

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La Rédaction