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Venezuela : l’inflation des “grossesses précoces”

La situation économique du Venezuela est catastrophique. Le pays est en crise depuis de nombreuses années. La récession économique fait rage depuis 2014, et le pays subit une inflation inarrêtable. En cause, la baisse de la consommation mondiale de pétrole, source principale de revenus du pays. A cela se rajoute depuis de 2017, les sanctions économiques venues principalement des États-Unis. Ils interdisent presque complètement au Venezuela l’accès aux marchés financiers internationaux. Les sanctions affectent la situation sanitaire du pays. Le manque de distribution de médicaments et de matériel médical empêche de soigner des millions de personnes malades. Aujourd’hui, ils est aussi cruellement question d’un fléau de grossesses précoce.

Une crise et une inflation sans fin

Ce n’est pas un hasard si entre 2015 et 2020, l’ONU affirme que près de 5 millions de Vénézuéliens avaient émigré à l’étranger. Pour le gouvernement vénézuélien du Président Maduro , c’est la conséquence de la spéculation capitaliste, qui maintient des taux d’inflation élevés et créé une pénurie de produits de première nécessité. Pour lui, le pays fait face à une “guerre économique” imposée par les Etats-Unis et ses alliés. Du côté des opposants au gouvernement, il convient de blâmer Maduro, qui maintient une ligne de conduite populiste. Il s’agit avant tout d’assurer son pouvoir plutôt que de s’attaquer aux problèmes pratiques. De nombreux économistes ont mis en garde et annoncé les difficultés actuelles, mais il est difficile d’envisager et de proposer des idées pour améliorer les perspectives économiques du Venezuela.

La contraception devenue inabordable  

En attendant, l’urgence est dans la rue. Les ONG comme Médecins sans frontières mettent en place un programme spécial de planning familial pour lutter contre les grossesses précoces qui ont explosé au Venezuela. C’est une conséquence du marasme économique, aggravé par des sanctions économiques. Celles-ci ont mis les moyens de contraception, même les préservatifs, hors de portée de la plupart des ménages. Par exemple, une tablette de pilules coûte entre 10 et 25 dollars, or le salaire minimum du pays se situe autour de 2,5 dollars. Le Venezuela affiche le salaire minimum le plus bas du continent.

Un recul de l’information et de l’éducation

Le choix est hélas vite fait entre acheter des contraceptifs ou acheter a manger. A cela, il faut rajouter que l’avortement est illégal au Venezuela, sauf en cas de danger vital pour la mère. C’est un délit, qui est puni de six mois à deux ans de prison. Concrètement, les ONG comme MSF proposent gratuitement cinq types de contraceptions : préservatifs féminin et masculin, pilule, et même injection ou implants pour cinq ans.

D’autres facteurs aggravent la situation. Parmi eux, le manque d’éducation et d’information, qui aboutissent de plus en plus a des grossesses précoces. La sensibilisation dans les écoles est devenue inexistante en raison de la pandémie. Or, dans ce pays traditionaliste et très imprégné de catholicisme, il est encore difficile et trop rarement possible d’en discuter en famille. Selon Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), en 2019, 95 naissances sur 1.000 étaient le fait de mères ayant entre 15 et 19 ans.

Crédit photo : contraceptive pills Anqa

 

 

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La Rédaction