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Google bloque l’accord avec l’Alliance de la presse d’information générale

Si Google est devenue une puissante société, ce n’est pas seulement par les qualités purement techniques de ses équipes. Elle le doit aussi à une gestion économique sans pitié et sans états d’âmes. Dans le dernier épisode de ses démêlés avec l’Alliance de la presse d’information, elle vient de bloquer un accord-cadre. Celui-ci signé pour de trois ans concernait la rémunération des contenus de presse en ligne. Sure de son fait, elle entend bien passer une nouvelle fois entre les mailles du filet.

Le temps, c’est de l’argent 

Du moment que les choses traînent, Google a choisi d’en profiter. En effet, l’Autorité de la concurrence, qui constitue ce que l’on appelle communément le gendarme de la concurrence, ne se presse pas un peu pour confirmer les mesures conservatoires qu’elle avait prononcées l’an dernier à l’encontre de Google. Ces mesures sont censées contraindre Google à ouvrir des négociations “de bonne foi” avec les éditeurs de presse. Cet accord avait été signé par Google, filiale d’Alphabet, et l’APIG, qui représente environ 300 titres de presse en janvier.

Seulement, voilà, dans cet accord, Google s’engageait à verser 76 millions de dollars à un groupe de 121 publications. Cela fait une sacrée somme même pour Google. Du coup, Google joue sur 2 tableaux, d’un coté, il fait traîner les choses et de l’autre se plaint que les choses n’avancent pas.

Des négociations “de bonne foi” difficiles

C’est du moins ce que le rapport des enquêteurs du régulateur indique. Selon l’Agence Reuters, ce rapport d’instruction de 93 pages, qui n’a pas été rendu public pointe du doigt le fait que Google n’a pas respecté l’essentiel des mesures conservatoires fixées par l’Autorité. Ils semblent que les négociations pèchent sur le terme ‘ “de bonne foi”. Il est vrai qu’en matière de négociations financières, le terme semble difficile a imposer. L’une des principales exigences formulées par les régulateurs était que Google mène des discussions “transparentes, objectives et non-discriminatoires” pendant trois mois avec tout éditeur de presse qui en ferait la demande.

Apparemment, ces discussions ne semblent pas aussi limpides que prévues. Du coup, aucun accord de licence individuel n’a cependant été signé avec Google, seules quelques publications comme Le Monde, Libération et Le Figaro, ont déjà signé des accords de licence individuels.

Diviser pour mieux négocier

Bien sûr, de son côté, Google a déclaré à plusieurs reprises qu’il avait mené des discussions constructives avec les éditeurs de presse français. Ils déplorent que de nombreux organes de presse français ne soient pas d’accord. En fait, Google tente depuis de diviser pour mieux négocier et se dit est prêt à discuter avec d’autres éditeurs de presse en dehors de l’APIG et de ses membres.

Il reste que les conditions de ces négociations a géométrie variable, apparaissent assez dure dans l’ensemble. A ce sujet, le syndicat des éditeurs indépendants d’information en ligne (Spiil) veut alerter tout le monde. Il rappelle que l’accord L’APIG-Google comprend notamment l’engagement pour tout éditeur de presse signataire d’alimenter le “News Showcase”, un programme de licence de publications de presse lancé récemment par Google. C’est cette disposition qui est largement condamnée par les éditeurs de presse extérieurs à l’APIG. L’organisme veut surtout rappeler en fait, que l’union fait la force, surtout face a des multinationales puissantes comme Google

Crédit photo : Simon

 

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La Rédaction