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France : vue de l’étranger, “le jour de gloire pourrait arriver”

L’herbe apparaît souvent plus verte ailleurs. C’est peut-être vrai, mais chez nous, c’est aussi un “ailleurs” pour les autres. C’est juste une question de perspective. Fort de cette évidence, on peut peut-être expliquer que bien des positionnements de la France soient mieux perçus à l’extérieur de nos frontières, qu’à l’intérieur du pays. Bien de nos spécificités en matière sociale, politique et d’engagement international apparaissent au bout du compte-pas si déconnecté des réalités et des enjeux actuels.

L’exemple de l’Afghanistan

Dernier fait en date qui confirme cette vision concerne le retrait américain d’Afghanistan. Pourtant, de nombreux spécialistes anglo-saxons avaient vu dans l’élection de Joe Biden, le retour des USA dans le concert international. Grosse déception, dans ce domaine, le nouveau président américain n’échappe pas au bon vieil leitmotiv « America First ». Par contre, la France est certainement un des pays les moins surpris et décontenancé par la volonté des États-Unis de partir d’Afghanistan En effet, la France avait retiré ses dernières troupes de combat en 2012. De plus, elle a rapidement rapatrié les Afghans qui avaient travaillé pour ses forces en mai.

Une politique plus européenne qu’Atlantiste

Globalement, en matière militaire, la France continue à être un des pays européens les plus volontaristes sur la nécessité de développer une force européenne capable d’intervenir. Cette option s’avère de plus en plus importante lorsque que l’on voit le peu de réaction de l’OTAN actuelle. Ce volontarisme tranche avec l’embarras actuel de la Grande-Bretagne trop naïve dans son partenariat avec les Etats-Unis.

Des options plus forcément perçues comme déconnectés

On peut retrouver d’autres exemples ou les choix français n’apparaissent plus aussi anachroniques que le suggère souvent nos amis libéraux du monde anglo-saxon. Que dire par exemple de la semaine de 35 heures Française a l’heure ou de nombreux pays optent pour des semaines de 4 jours. A ce titre, il faut noter que la France a maintenant un PIB par habitant très élevé et sa productivité est supérieure à celle de nos voisins d’outre-manche.

La France face à la Covid

Nous sommes aussi en temps de crise, celle du Covid a mis en évidence l’efficacité d’une option quand celle-ci est largement portée par un gouvernement. Il est évident que les mesures fortes prisent par le président Macron a permis de faire passer la France dans le clan des bons élèves en matière de résultat pur. Il a certes fallu soumettre les citoyens français non vaccinés à un régime très sévère. La question de la limite entre individualisme et liberté reste toujours très tenue. Cependant, notre social-démocratie doit ne pas perdre de vue, une sorte de “personnalisme communautaire” cher a Mounier, qui a longtemps servi de base. Celui-ci rappelle que l’homme n’est complétement lui-même que par et grâce à ses interactions avec les autres. Nous ne sommes pas libres seuls.

Pour finir, réfléchissons aussi sur la France, qui vieillit également plus lentement que certains de ses voisins. Il faut y voir là aussi les effets de politiques favorables à la maternité et de garde d’enfants. Cela permet de maintenir le taux de natalité parmi les plus élevés d’Europe. Voilà quelques exemples de domaine dans lesquels la France ne s’en sort pas si mal. Évidemment, cela a un coût, mais il s’agit de voir l’importance de la chose à plus long terme.

Le dirigisme français sur la sellette

C’est bien ce long terme, qui est souvent en jeu et bien maltraité par nos politiques, mais aussi par nos besoins et exigences un peu égoïstes. A ce jeu, le dirigisme français, souvent décrit comme sclérosé, dépensier et surtout dépassé réapparaît sous un jour un peu nouveau dans de nombreuses contrées lointaines ou avoisinantes.

Il reste bien des problèmes, mais..

Bon tout n’est pas rose, les gilets jaunes auront d’autres raisons de s’occuper le week-end. Nos banlieues ne sont pas reluisantes, la laïcité est toujours en danger entre autres. De plus, certains thèmes, vieux comme le monde tournant autour de la décadence et l’affaiblissement ou pire le “remplacement” de la France devrait ressurgir sinon plusieurs candidats aux élections n’auront plus rien à dire.

En attendant, haut les cœurs, on est encore champion du monde de football pour quelques années et l’étranger nous regarde parfois avec envie.

Crédit photo : Rob Potvin

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La Rédaction