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Moutons et anonymes du troupeau, et de tout bord, restez le

À l’occasion d’une énième discussion agitée concernant le sujet polémique du moment, je me suis vu une nouvelle fois catalogué comme faisant partie du troupeau. J’ai bien compris que cela n’était pas une simple remarque, mais bien une considération péjorative. Or en fait, je ne me suis pas vraiment senti attaqué. Il se trouve que cette personne décrivait exactement ce que j’apprécie. A savoir, un minimum d’anonymat qui me fait sentir plus libre de faire ce que j’ai envie de faire.

Troupeau ou groupe ?

Au départ, j’ai eu un réflexe de défense assez classique, l’attaque. J’ai fait remarquer à mon interlocuteur qu’il faisait partie lui aussi d’un troupeau, ceux qui pensaient comme lui. Justement, il était justement en train de me démontrer que son troupeau était bien plus important que l’on pût le penser. Comme le mien, il avait ses codes, ses références, et même ses idoles. Bizarrement, malgré cela, ce n’était pas, selon lui un troupeau, mais un groupe.

Censure des autres, ou cent trop sûr d’eux-mêmes

D’autres intervenants “amis” ou” brebis suivant le camp, se sont ajoutés à la discussion. D’un coté, le groupe a mis en évidence les propos sans saveurs du troupeau qui s’auto-censure par souci du consensuel ( à dire sans respirer). De l’autre, le troupeau a tout de même fait noter que si on tient compte des remarques de chaque groupe, cela ramène une belle censure aussi. Ainsi, il est apparu difficile de dire par exemple “qu’on a passé une excellente soirée au restaurant pour manger une belle entrecôte et boire un coup au bras d’une “belle black ” dans un quartier très colorés “. À gauche, les groupes anti-racismes, végan, et même peut-être et l’anti-alcool feront la gueule. À droite, on mettra en évidence votre universalisme naïf et le fait que vous faites du “wokisme” de bas étage. 

La discussion a continué dans une ambiance du style “échange de monologue. Alors que la soirée promettait d’être longue et certainement stérile, je me suis repris et j’ai sorti une formule magique et salutaire. Elle a pris la forme d’un ” c’est important que tous les avis s’expriment”. Je sais, c’est un peu condescendant, mais on s’en sort comme on peut.

Bien qu’aussi stérile que tout le bavardage des réseaux sociaux, cette conversation m’a tout de même rappelé, les bienfaits de l’anonymat. Je dois le confesser, j’adore être dans les endroits où je ne connais pas grand-monde. Cela me permet de regarder, découvrir, et même de discuter avec des personnes sans avoir a leur expliquer ce que j’ai fait hier. Vous allez me traiter d égoïste, individualiste, ou en terme footballistique, que je l’a joue “perso”. Que nenni, une discussion avec un parfait inconnu a pour moi autant de chance de prendre de la hauteur qu’avec une voisine du dessus ou le père du petit Martin, qui dépose son fils avant d’aller au travail.

Aux amis citoyens, ne formez pas de bataillons

Faire partie du troupeau, permet cette distanciation, que le groupe trop rapproché ne permet plus. On pourrait prendre comme exemple extrême, tous ces mouvements religieux, philosophiques et autres enfermements dus aux algorithmes informatiques. Sous prétexte de vous extraire ou de vous protéger de la foule, ils vous enferment dans une routine au mieux intellectuelle, ou bien pire encore.

Ne, vous y trompez pas, j’ai des amis, mais je n’ai pas un groupe d’amis. Ils sont un peu éparpillés et font eux aussi parti du troupeau. Nous avons tous un ou des bergers. D’ailleurs, certains de ces bergers sont même des « hébergeurs », c’est tout un programme. À nous de se choisir ou pas et de nous écouter plus ou moins. En attendant, nous restons amis parce qu’on s’écoute beaucoup, puis on s’entend un peu et non pas le contraire. De fait, on essaye de prendre soin de l’autre avant soi-même quand on s’appelle.

Nous avons eu le très révérencieux, Cher Dieu, Cher Maître, puis le révolutionnaire Ni dieu maître ou cher Dieu. Nous sommes passés au plus économique mon Dieu, mon maître. Vas t-on peut être revenir au plus anonyme mais basique et éternel “quel dieu, quel maitre”.

Crédit photo : Laurie Decroux

 

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La Rédaction