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Migration, invasion, grand remplacement aussi chez les animaux ?

Si on évoque actuellement le changement climatique et les conséquences sur la migration, de nombreuses personnes vont tout de suite imaginer des hordes d’hommes et de femmes envahissant notre sol. Cependant, la migration ne concerne pas que les humains, ce n’est pas qu’un concept économique. De fait, les changements actuels donnent l’occasion à certaines espèces exotiques de venir coloniser de nouveaux milieux. La France n’échappe pas à ces mouvements migratoires inéluctables.

Les conditions d’une “bonne invasion”

À la différence des humains, on ne peut pas reprocher aux espèces animales de ne pas s’adapter a de nouveaux environnements. C’est d’ailleurs ce qui constitue une vraie invasion au sens naturel du terme. En effet, il y a différentes étapes pour considérer que l’invasion d’une espèce exotique soit pleinement effective. Tout d’abord, elle doit survivre à un minimum de temps au déplacement, pour s’installer. Cela sous-entend trouver de quoi se nourrir, se reproduire, et enfin se disperser. C’est en cela que l’on peut considérer comme l’introduction ou l’invasion d’une espèce réussie. A ce stade, il est évident que les variations du climat vont avoir une influence.

Les raisons de toutes ces invasions

Certaines espèces arrivent sur une nouvelle espèce par l’intermédiaire de l’homme et ces nombreux déplacements. N’oublions pas que c’est, la plupart du temps, nous, qui avons d’abord été sur le territoire de l’animal en premier. Ensuite, volontaire ou pas, nous ramenons des espèces avec nous ou sur-nous. Ensuite, l’augmentation des températures, pousse de nombreuses espèces a remonter vers le Nord. Donc, pour les animaux, aussi, on assiste à des invasions biologiques vers les régions continentales et tempérées. Tout ceci est d’ailleurs clairement exposé par des chercheurs comme Clara Singh, et Yohann Soubeyran, chargés de mission espèces exotiques envahissantes au Comité français de l’UICN.

La France n’y échappe pas

Faire la liste de toutes les espèces concernées seraient particulièrement exhaustives cependant nous pouvons nous arrêter vers quelques-unes qui pourraient devenir communes en France. Par exemple la Petite mangouste indienne. À première vue, c’est un animal parfaitement sympathique. Cependant, dans les endroits ou elles prolifèrent, c’est une menace pour les espèces endémiques, c’est-à-dire celles qui vivent là et nulle par ailleurs dans le monde. Une étude récente montre que cette espèce présente dans les Balkans pourraient devenir nuisible a notre écosystème l’horizon 2050. Du côté des plantes, on note l’apparition de l’Ambroisie à feuilles d’armoise, qui se répand le long du Rhône. C’est une plante invasive très allergisante qui a des conséquences sur la santé humaine.

Les impacts majoritairement négatifs

Globalement, tous les scientifiques sont unanimes pour dire que les invasions ont des impacts majoritairement négatifs. A cause d’elles, des espèces se retrouvent en danger critique d’extinction. Mais bien souvent, le pire n’est pas celui que l’on croit ou que l’on soupçonne. Par exemple, en terme de coût économique, l’espèce la plus néfaste est le moustique.

Que faire ?

Bien sûr, une fois tout cela exposé, la question, c’est qu’est ce qu’on fait. Comme souvent les mesures préventives sont les meilleurs, mais pas les plus faciles à faire appliquer et a accepter par tous. “Quand l’espèce n’est pas encore arrivée, il y a la prévention, avec la mise en place de mesures de surveillance et de détection”, détaille Clara Singh. Ensuite, quand les choses ont empiré, pas de miracles, on revient a du cantonnement et de la régulation qui demandent du temps et des moyens.

Évidemment, l’idéal, c’est de ne pas perturber, voir détruire le milieu d’origine. En effet, le changement climatique qui se rajoute à la pollution et l’artificialisation des sols entraînent la disparition des espèces endémiques et l’apparition d’espèces exotiques. Cependant, celles-ci ne bougent pas de leur milieu naturel pour rien, elles s’en vont pour un autre lieu, qui leur semble plus adéquat. Préserver leurs habitats aujourd’hui, c’est en quelques sortes préserver le nôtre demain. Dit comme cela, on dirait presque un slogan politique.

Crédit photo : biodiversite

 

 

 

 

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La Rédaction