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La revue scientifique, ton univers impitoyable

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Le Covid 19 a mis sous les feux des projecteurs un monde peu habitué à faire la une des journaux. Le monde scientifique a un fonctionnement et des pratiques qui nous sont, pour la majorité d’entre nous, inconnus. Parmi ces pratiques, il y a les publications dans les études scientifiques des différentes études. A la base, il s’agit de faire connaître sa recherche pour construire un socle de connaissances commun et de confronter ses découvertes aux regards critiques de ses collègues. Cependant, ces parutions sont aussi le passage de plus en plus obligé pour obtenir des financements pour ses recherches. Un passage devenu critique dans un monde de plus en plus compétitif.

La science sous les feux des projecteurs

Le Covid 19 a généré 600 000 études en 2020. Certaines ont été publiées dans des journaux scientifiques et revues menés par un comité de lecture, d’autres plus simplement sur des plateformes Internet. Il est donc difficile de faire la part entre le très sérieux, le sérieux, les incomplètes et le parfais “foutage de gueule”. Ceci n’est pas réservé au simple coronavirus. Avec Internet de plus en plus de travaux plus ou moins farfelus, empoisonne le vrai débat scientifique. Certains charlatans n’hésitent pas à nous prendre à témoin. Alors que nous ne possédons pas les connaissances pour comprendre, ils nous expliquent que s’ils ne sont pas pris au sérieux, c’est le plus souvent à cause d’une kabbale ou d’un complot contre eux.

De plus en plus d’études frauduleuses

Les enjeux sont de plus en plus énormes et tous les moyens sont bons. Les études frauduleuses représentent désormais près de 2 % des études publiées chaque année. Ce sont maintenant des logiciels, qui peuvent produire des études. Elles réussissent parfois à duper des revues scientifiques. L’informaticien français Cyril Labbé, maître de conférences en informatique à l’université Grenoble Alpes a créé un logiciel pour identifier plusieurs centaines d’études générées par algorithme, dans des revues scientifiques. De fausses études sont aussi proposées à l’échelle industrielle. C’est même un vrai business surnommé les “paper mills” ou “usines à papiers”. Ces entreprises se terrent dans les méandres et dans l’anonymat relatif d’Internet. Elles proposent de faux papiers scientifiques contre une rémunération. Par exemple, un article consacré au cancer de la prostate, affirme que la moitié des patients sont des femmes.

Publier dans des revues très “discutables”

Enfin, pour compléter le tableau, il faut évoquer les revues “prédatrices”. Elles viennent concurrencer de grands éditeurs historiques comme WileySpringer Nature, Taylor & Francis, ou encore Elsevier qui possède The Lancet. Pour être admis et publiés par ces grandes revues, les universités doivent leur payer de très coûteux abonnements afin que leurs étudiants et chercheurs y aient accès. C’est les ou les éditeurs “prédateurs” interviennent. Ils proposent de faire payer moins cher les chercheurs pour publier leur article. Mais ils prennent bien soin de promettre de fortes retombées, et un sérieux à toute épreuve.

Des méthodes douteuses

Pour cela, il est question d’une relecture sérieuse par les pairs. Dans les faits, ce contrôle n’est pas vraiment effectué, et en 24 heures, un article peut être accepté, même s’il n’a aucun sens. Parfois, les membres de ces soi-disant éditeurs ne sont que fictifs, ou sont décédés depuis longtemps. Comble de l’escroquerie, ces revues choisissent un titre proche de celui d’une revue réputée pour jouer sur l’ambiguïté auprès d’un large public.

En toute impunité ou presque

Tout ceci se passe dans un climat de large impunité. En effet malgré de nombreux signalements, les sanctions sont encore rares. Seuls quelques pays comme les États-Unis, le Danemark ou la Suède sont dotés d’organismes indépendants d’enquête sur l’intégrité scientifique. En France, c’est un “référent intégrité scientifique” au sein de chaque organisme de recherche ou université qui doit conduire l’enquête.

Un risque de décrédibilisation de la science

Le risque évident, c’est que petit à petit la publication de ces fausses études nuise au débat chez les scientifiques, et chez les citoyens eux-mêmes. Les nombreuses polémiques décrédibilisent le monde scientifique. Ils devient de plus en plus difficiles de faire la part du vrai et du faux. Bien sur cette ambiguïté favorise les escrocs et ceux qui passent plus de temps a publier qu’a chercher.

 

 

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La Rédaction