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Fin du charbon en Bulgarie : de la catastrophe énergétique à la catastrophe sociale

Les discussions et les débats de la COP26 sont évidemment suivies, scrutés et analysés par tous. De nombreux observateurs, scientifiques et surtout les écologistes alertent sur l’urgence et les dangers qu’entraînerait une trop grande inertie en la matière. Cependant, pour de nombreuses régions, et même des pays, toutes ces “avancées” ne sont pas perçus comme les conditions d’un avenir immédiat meilleurs. En Europe, le Bulgarie le plus pauvre de l’UE, la limitation et la fin programmée de la production du Charbon est synonyme d’un désastre économique et social.

La Bulgarie, l’autre pays du charbon

Les pays d’Europe de l’Est dépendent encore énormément des énergies fossiles. En Bulgarie par exemple, près de la moitié de l’énergie nationale est produite par les centrales à charbon. C’est donc peu dire que depuis longtemps, le Charbon règne en maître. Pour en avoir une idée, il faut par exemple prendre en compte que la centrale publique Martiza Iztok 2, produit en hiver jusqu’à la moitié de toute l’électricité en Bulgarie. Selon les syndicats, plus de 100 000 personnes dépendent économiquement de cette centrale.

Des efforts en vain de modernisation

De fait depuis son entrée dans l’Union en 2007, la Bulgarie a maintes fois tenté de repousser l’échéance. Pour cela, le pays a largement investi pour moderniser les installations. Achevée en 2011, la nouvelle centrale a coûté 1,3 milliards d’euros. Elle utilise une technologie de désulfuration des gaz de combustion, pour recycler les émissions de dioxyde de soufre. Les émissions de dioxyde de soufre ont été fortement réduites suite à l’adhésion de la Bulgarie à l’UE en 2007. Elles sont ainsi passées de 800 000 tonnes par an, à moins de 100 000 tonnes aujourd’hui.

Peines perdue, tous les voyants sont au rouge. L’énergie est très polluante, en terme d’émission de CO2, mais aussi, en raison de la production de dioxyde de soufre. À cela, il faut rajouter un gaz toxique qui irrite les voies respiratoires et produit des pluies acides. Du coup, la Commission européenne, qui a renvoyé la Bulgarie devant la Cour de justice de l’UE en 2019.

Des aides européennes pas forcément au service des mineurs

Pour se conformer aux exigences, le gouvernement a présenté un plan de transition écologique pour satisfaire aux exigences du “pacte vert” bruxellois. Dans cet acte, la sortie du charbon se profile d’ici à 2040. Les enjeux sont bien sur l’important. Membre le plus pauvre de l’UE, elle peut toucher 6,6 milliards d’euros de subventions directes. Sans compter, 4,1 milliards supplémentaires sous forme de prêts, à utiliser sur les six prochaines années,

Pas sûr que toutes ces sommes soient utilisés pour soutenir les mineurs. Cela veut donc dire la fermeture des mines et un desastre social comme helas d’autres regions ont connues dans le monde. En Bulgarie, c’est donc une terrible incertitude qui plane sur de nombreuses familles et des mineurs dont la perte d’emploi est programmée a partir de 2026, voir 2038.

Un futur en pointillé

Ensuite, c’est un peu le néant, pas de propositions concrètes des autorités sur la reconversion de la région. Un sort partagé par des milliers de Bulgares pour qui le futur passe une recherche de travail a l’étranger.

Crédit photo : Neven Myst

 

 

 

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La Rédaction