L'Echo

Et si on creusait un peu dans le monde des minerais ?

Lorsque l’on parle de métaux précieux, on imagine très vite l’or, l’argent, le platine et tous ces classiques du genre. Cependant, si on les professionnels savent que ce n’est pas si simple. Si on s’intéresse un peu plus a la chose, on s’aperçoit que comme partout les choses évoluent. Avec ce que l’on appelle la transition énergétique, de nombreux autres métaux plus standard a la base vont peut-être regarder et considéré d’une autre manière. Il pourrait presque devenir les nouveaux métaux précieux.

Bouleversement de la demande

C’est toujours une histoire d’offre et de demande. Depuis quelque temps, l’explosion de l’économie chinoise avait entraîné une hausse de certains métaux. À cela, maintenant, on peut rajouter pour consolider cette hausse, la reprise mondiale et la transition écologique. Évidemment, ces hausses ne touchent pas tous les métaux.

Les nouvelles stars du monde des minerais

À ce sujet, on peut se référer à une étude du Fonds monétaire internationale (FMI) parue au mois d’octobre. Elle confirme que la production annuelle des quatre principaux métaux de transition que sont le cuivre, le nickel, le cobalt, et le lithium devrait être multiplié environ par 4 d’ici à 2040. Il s’agit en effet de prendre en compte les limites définit afin d’arriver à un taux d’émission de CO2 “net zéro” d’ici à 2050. Dans ce cadre-là, ces métaux sont essentiels dans la production et dans la conception de certains matériels. On évoque par exemple les panneaux solaires et les voitures électriques.

Une hausse des prix à venir pour certains minerais

De fait, cette brusque demande accrue engendre une hausse des prix,. Elle peut aller a de plus de 100 % pour le nickel et de plus de 200 %, idem pour le cobalt et le lithium d’ici à 2030. Le palladium, lui aussi est utilisé pour des applications devenues importantes. 80 % de la consommation mondiale est issue de l’incorporation dans les convertisseurs catalytiques des voitures. Cela permet de limiter les émissions de polluants.

L’argent, un métal d’hier et de demain

Toujours dans le même registre, la demande en platine augmente. Il est utilisé pour les électrodes et surtout les piles à combustible nécessaires à la transformation de l’énergie à base d’hydrogène. C’est une situation que l’on retrouve aussi pour le cuivre et l’argent. Ce dernier fait un peu la transition entre les métaux précieux d’hier et de demain. En effet, c’est un excellent conducteur électrique, il est utilisé pour 12 % dans la production de panneaux solaires actuelle.

L’extraction toujours dans le collimateur des organismes écologiques

Tout ceci engendre un sacré bouleversement. Les entreprises minières présentent leurs activités comme une solution à la crise écologique, mais la réalité du terrain n’est pas aussi simple. Les organismes MiningWatch Canada et l’Atlas de la justice environnementale (AJE) ont dévoilé un rapport exposant les principaux risques environnementaux et sociaux posés par certains projets miniers liés à la transition. Ainsi, à l’heure actuelle, l’extraction minière se déroule souvent dans des zones toujours plus fragiles. Et puisque les gisements exploités sont de moins en moins concentrés en minéraux, l’extraction génère de plus en plus de déchets. De plus, elle oblige a utiliser plus d’énergie, d’eau et de produits chimiques.

Il faut réfléchir plus le large que la simple lecture des émissions de carbone. Il faut intensifier les recherches comme celle autour de l’aluminium qui s’avère très utile pour alléger le poids de véhicules électriques et pour les cadres des panneaux solaires.

Crédit photo : Omid Roshan

 

 

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