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Pour la moitié des grossesses dans le monde : oui ou non, quand, et avec qui, n’est pas un choix

Nous avons tous, notre propre image attendrissante et merveilleuse d’un enfant dans les bras de sa mère. À cela, on peut rajouter le 2e parent juste derrière et le tableau devient idyllique. On saupoudre le tout d’un joyeux sourire et le bonheur ancestral de la maternité est là. Et puis patatras, il y a les empêcheurs de bonheurs en rond. Cette fois, il a pour nom le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Celui-ci a publié son rapport, annuel accablant. Il indique que 121 millions de grossesses non planifiées sont enregistrées tous les ans. Parmi elles, 60 % aboutissent à un avortement.

La moitié des grossesses ne sont pas choisies

Le rapport s’appelle « Voir l’invisible », et pourtant comme souvent, il est bien réel. En fait, on ne veut pas voir que pratiquement la moitié des grossesses ne sont pas choisies. Les chiffres établissent que potentiellement presque tout le monde connaît une femme ayant dû faire face à une grossesse non-intentionnelle. Tout ceci remet en balance un droit pourtant assez simple et qui semble évident. Il s’agit de pouvoir choisir d’avoir un enfant ou non, quand, et avec qui.

Des raisons multiples pour expliquer cela

Les raisons de cette situation sont multiples. On retrouve, ce que l’on appelle pudiquement ou lâchement des disparités culturelles, des situations conflictuelles ou des impératifs moraux. Tout cela fait que près d’un quart des femmes ne sont pas en mesure de dire non à une relation sexuelle. Parmi elles, on retrouve les femmes mariées qui veulent éviter l’affrontement avec un tiers. On retrouve aussi les femmes les moins scolarisées ou vivant en zone rurale. A la peur, la soumission dans certains cas, il faut rajouter le manque d’accès et d’information.

Le recours a la contraception pas forcément une habitude dans tous les cas

Techniquement, le rapport indique que 257 millions de femmes ne désirant pas tomber enceintes n’ont pourtant pas recours à des moyens de contraception sûrs et modernes comme le préservatif, la pilule ou le stérilet. Parmi elles, 172 millions en utilisent aucun, mais le pourraient. Les raisons le plus souvent avancées sont la peur des effets secondaires, notamment pour la pilule contraceptive, et des rapports sexuels trop peu fréquents pour nécessiter une protection.

Le recours a l’avortement, une décision parfois dangereuse

A noter qu’il faut aussi rajouter à cela les moyens radicaux comme la stérilisation. Un moyen de contraception utilisée massivement en Inde par exemple. Cela permet d’éviter de tomber dans les 60 % de ces grossesses non-intentionnelles, qui aboutissent à un avortement. Soit, au total, 30 % de l’ensemble des grossesses. Près de la moitié de ces interventions se font alors dans de mauvaises et dangereuses conditions qui mettent en péril la vie de la mère. Ces avortements illégaux causent de 5 % à 13 % des morts maternelles annuelles. C’est la cause principale de mort chez les femmes attendant un enfant.

Les périodes de crise n’arrangent pas la situation

Cette étude dénonce une tendance qui n’est pas près de s’inverser en temps de crise. La pandémie de Covid-19, par exemple a accentué en 2020 les problèmes d’approvisionnement en contraceptifs dans certains pays, notamment africains. Cette interruption de services aurait mené à 1,4 million de grossesses non planifiées. Bien sûr, il faut rajouter à cela les violences inhérentes aux conflits armés.

De trop timides avancées

L’étude fait, bien sûr, part de recommandations, mais beaucoup apparaissent comme des vœux pieux. Cependant, on note déjà des avancées comme l’extension de la protection sociale dans des pays comme le Rwanda, la Thaïlande ou le Vietnam, qui ont intégré les travailleurs informels à leur système de sécurité sociale.

En amont, cela sous-entend surtout la mise balance de normes sociales dans de trop nombreux pays dépourvus de lois punissant le viol. Idem pour les pays qui limitent le travail des femmes dans certains emplois ou industries. L’étude conclue notamment que  » Partout, les filles doivent être habilitées à voir et à réaliser un avenir au-delà de la grossesse précoce ».

Crédit photo : Suhyeon-Choi-

 

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La Rédaction