Ça transpire !

Les footballeuses deviennent des footballeurs comme les autres

Il faut se rendre à l’évidence, le football féminin en France prend son envol. Il y a des signes qui ne trompent pas. Le dernier en date n’est autre que l’affluence pour la demi-finale retour de Ligue des champions féminine PSG-Lyon. Avec 43 254 spectateurs, c’est évidemment un nouveau record d’affluence national pour un match de football féminin de clubs. Mais il n’y a pas que cela, le football féminin, toute proportion gardée, emboîte le pas de son homologue masculin. De fait, on commence même à y retrouver les dérives.

La progression du foot féminin dans le monde

Notons tout d’abord que le succès du football féminin en France fait partie d’une progression qui se veut mondiale. Par exemple, au contraire du football chez les hommes, le ballon rond est un sport très populaire chez les femmes outre-Atlantique. Aux Etats-Unis, il y a plus de 1,7 million de joueuses licenciée. De son côté, la fédération canadienne recensait quant à elle environ 289 000 joueuses licenciées. En Europe, c’est l’Allemagne qui compte le plus de joueuses suivies par la Suède et les Pays-Bas. En rapport avec la population féminine des pays, les nations scandinaves sont les mieux représentés. On estime qu’entre 3 et 4 % des femmes pratiquent le football sous licence en Suède et en Norvège.

Et en France

Mais revenons en France, le football chez les filles profite à fond du sacre de l’équipe masculine au Mondial russe. Il faut aussi compter avec les équipes locales phares comme L’Olympique Lyonnais, qui détient le record de victoires en Ligue des champions. Les Rhodaniennes l’ont soulevée en 2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020. Cela explique l’affluence record du Parc des princes, en effet, le spectacle est au rendez-vous, car les clubs français peuvent produire ce qu’il se fait de mieux actuellement. L’étape suivante, c’est bien sur le record absolu du football féminin, à savoir les 91 648 spectateurs du Camp Nou, par le FC Barcelone lors de la victoire contre Wolfsburg en Ligue des champions.

Des efforts de structuration

Mais les symptômes du développement du football féminin se voient aussi dans la structuration des clubs et quelques chiffres évocateurs. Nous sommes bien loin de l’amateurisme bon enfant sous le rire des grands frères et de quelques machos, un peu pervers. Le foot en France, ce sont maintenant environ 34 000 dirigeantes, 325 femmes qui occupent des fonctions de direction au sein des 22 Ligues et 91 Districts sur la période 2020-2024. 966 arbitres féminines, avec en figure de prou notamment Stéphanie Frappart. Elle fut la première arbitre centrale à officier en Ligue 1, ou Manuela Nicolosi, arbitre assistante.

Sur le terrain et aux quotidiens, ce sont aussi 1 590 éducatrices. Le nombre de licenciés a bondi de moins de 90 000 en 2010-2011 à plus de 200 000 en 2020. Au bout du compte, ce sont 15 000 clubs amateurs qui ont permis de hisser la France au 3e rang mondial.

Le foot féminin dans les médias

Enfin, le succès se remarque aussi par l’attirance des medias vers les différentes compétitions. Tout cela génère un intérêt repris par des medias de football comme Canal + et des medias plus classiques qui sont intéressées par l’image d’un football différent. Attention quand même à ne pas créer de nouveaux stéréotypes, qui serait d’une part le football masculin avec ses dérives, et d’autre part le football féminin qui n’en connaîtrait pas.

La rançon du succès

Rassurons-nous, cette image militante en a pris un coup avec l’affaire autour de la liaison entre la joueuse Kheira Hamraoui et l’ex international français Eric Abidal, ainsi que l’agression dont a été victime la joueuse. La médiatisation de cette affaire est hélas un symptôme de l’intérêt que l’on porte au foot féminin. De plus, l’élargissement du réseau du football féminin, est largement aidé par les réseaux sociaux à travers notamment la multiplication des sites indépendants.

On est donc rassuré, le football féminin devient bien un sport spectacle comme les autres et les travers qui le guettent sont hélas les gages de sa bonne santé et son développement dans notre société. Qu’on se le dise, les footballeuses sont des footballeurs comme les autres.

Crédit photo : Joppe Spaa-

 

 

 

 

 

 

 

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La Rédaction