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Donbass : oui au vague a l’âme Russe ou nostalgie de l’URSS

Dans le Donbass, et en particulier autour de Lyman, les forces ukrainiennes tentent encore de contrer l’avancée russe. Difficile pourtant de résister dans cette région depuis longtemps en partie acquise a la Russie. Les drapeaux russes et séparatistes, flottent un peu partout. Pourtant, tout n’est pas aussi simple et les armées de Poutine ne reçoivent pas vraiment l’accueil particulièrement chaleureux promis par le maître du Kremlin. Les deux tiers de la population ont fui. L’arrivée des troupes russes dans une ville pratiquement détruites en ravit certains, mais pas tout le monde.

Des régions désertes 

 En effet, ce n’est pas vraiment facile de jouer les libérateurs dans une ville que l’on vient de pilonner. En fait, alors que dans un hôpital en partie détruit, les blessés continuent d’arriver, les habitants réclament la paix avant tout. Alors tout le monde est fautif, même si a Lyman les 8 000 personnes encore sur place, contre 25 000 avant la guerre sont le plus souvent acquis à la cause russe et séparatiste. Ceux la accuse Kiev pour ces tirs.

Une situation difficile depuis des années

C’est dur pour la population civile. Il n’y a ni électricité, ni gaz, ni eau. Il est même difficile d’estimer concrètement l’arrivée de l’aide alimentaire. Pourtant, dans la région, les combats, on connaît, il y en a déjà eu en 2014 lorsque les séparatistes prorusses soutenus par Moscou se sont emparés d’une partie de la région. Alors évidemment, on évoque « la der des der » et beaucoup de civils espèrent un peu désesperement que les éventuels futurs pourparlers les feront basculer dans le giron Russe.

Continuer à vivre sous le contrôle des amis Russes

Ce serait le retour du bon temps. Cependant, de quel bon temps parlent-ils ? Pour de nombreuses villes ouvrières et une majorité de localités de la région industrielle du Donbass, c’est le rail et les entreprises ferroviaires, qui constituent la première source d’emplois. C’est pour cela que beaucoup d’ouvriers sont restés pour continuer à travailler. Mais les Russes ont saisi les équipements et transféré le matériel à Debaltsevé, sous contrôle des séparatistes. Il va falloir montrer patte blanche pour continuer à survivre.

Et leur méfiance

Les Russes ne feront pas de cadeau, et même en cas de règlement du conflit, il est évident que la Russie fera tout pour mettre en sécurité ces actifs. Il ne serait pas étonnant qu’une flopée de propriétés et entreprises privées et qui ont été saisies, seront « nationalisées » par la République populaire de Donetsk, l’entité autoproclamée par des séparatistes combattant aux côtés des forces russes. Ensuite, cela fera avant tout l’affaire de nouveaux oligarques, pas forcément ukrainien.

La nostalgie soviétique ce n’est pas …

En fait, un vrai malentendu s’installe dans la région. Les habitants surtout le plus ancien, voient un peu naïvement dans l’armée russe le retour du bon temps de l’URSS et non pas de l’actuelle Russie. Plusieurs générations du Donbass ont vécu comme un abandon la désindustrialisation d’après l’indépendance en 1991 et le démembrement des outils de production. De nombreux secteurs sont jonchés de bâtiments industriels abandonnés. Les puits de mines, rebouchés, sont devenus des petits lacs où on pêche des poissons. Finis l’époque glorieuse qui a pris fin à l’éclatement de l’URSS. À l’époque, le Donbass « avait tout : le charbon, la houille, le sel, l’industrie chimique ». Le mélange s’effectue entre ce qui est dû à la fin de l’URSS et ce qui est du a l’indépendance.

La réalité russe

Pour les plus jeunes, ce n’est pas vraiment pareil, ils n’ont pas cette nostalgie et pour eux, la Russie, c’est uniquement celle de Poutine et de son armée qui détruit tout actuellement. Igor Ougnivenko, chef de la police de Lyman maintenant en fuite, exprime son dégoût. Il explique « Aujourd’hui, ils crient que tout va bien, et que l’Union soviétique revient. Il poursuit « je ne suis pas de la génération de l’Union soviétique. Je l’ai à peine connue. Je suis allé à l’école et à l’université ukrainiennes, je parle parfaitement ukrainien, et je n’ai aucun problème avec l’ouest du pays « . Pour étayer son propos, il montre une vidéo diffusée sur un canal russe. On y voit le « nouveau » chef de la police de Lyman, avec un écusson sur sa veste, c’est écrit URSS !

Les lendemains, quoiqu’ils arrivent risquent une nouvelle fois de faire naître bien des désillusions.

Crédit photo : Denis-Zelenykh

 

 

 

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La Rédaction