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Scénaristes contre studios de cinéma : synopsis d’un futur conflit

Si la France est souvent vue comme le pays de la grève, elle n’a pas tout de même le monopole. À ce sujet, même les Etats-Unis ont aussi droit à des grèves. Évidemment, cela ne prend pas les mêmes formes et ampleur que dans l’hexagone. Il reste qu’aucun secteur n’est à l’abri. La preuve, il semblerait qu’un mouvement puisse toucher les scénaristes. Cela veut dire que cette menace vise directement Hollywood en cas d’un manque d’accord avec les grands studios.

Scénaristes contre studios et plateformes

Qui pourrait croire que derrière la magie du cinéma se cache des conflits sociaux ? La grande place du cinéma doit faire face a une crise qui touche essentiellement les « late shows » et les séries. Celles-ci pourraient se trouver en suspens faute de scénarios. Une grève des milliers de scénaristes de télévision et de cinéma américains est à craindre. Les principales cibles de ce mouvement sont les principaux studios et plateformes, dont Disney et Netflix. Ils vont devoir maintenir le dialogue avec le puissant syndicat des scénaristes, Writers Guild of America (WGA).

Augmentation de salaires

De son côté, le syndicat demande une augmentation des salaires qui corresponde à l’évolution du marché. Pour lui, le nombre d’auteur·ices rémunéré·es au revenu minimum est passé de 33 % à 50 % en dix ans. Ses chiffres révèlent aussi et que le salaire hebdomadaire moyen a diminué de 4 %, et même 23 % lorsque l’on prend en compte le taux d’inflation qui touche les États-Unis.

Prise en compte du Streaming

Ensuite, il s’agit de prendre en compte certaines évolutions dues aux nouvelles techniques et aux nouvelles habitudes de consommations. Le principal désaccord porte sur le mode de calcul de la rémunération des scénaristes pour les séries diffusées en streaming. Des plateformes comme Netflix maintiennent des séries pendant des années après avoir été écrites. Il faut donc revoir une meilleure prise en compte des intérêts des scénaristes. Ceux-ci en sont toujours à percevoir seulement des « droits résiduels » pour la réutilisation de leurs œuvres, par exemple lors des rediffusions télévisées ou des ventes de DVD. Ils veulent bien sûr obtenir une plus grande part des bénéfices générés par le streaming.

Conditions de travail

Ensuite, le syndicat souhaite également une amélioration des conditions de travail. Cela comprend l’augmentation des cotisations aux régimes de retraite et aux fonds de santé, ainsi que le respect d’une stricte équité salariale entre hommes et femmes.

Et inquiétude sur l’avenir a l’ombre de l’intelligence artificielle. 

Pour finir, elle veut également évoquer le futur impact de l’intelligence artificielle sur le métier de scénariste. Il est évident que son utilisation va au mieux faire évoluer le métier. Au pire, remplacer en partie un bon nombre de scénaristes.

Grève à Hollywood : un remake

En 2007 et 2008, une grève avait déjà frappé Hollywood pendant 101 jours, paralysant ainsi la production de nombreux films et séries. Il a fallu une perte de 2,1 milliards de dollars pour que les studios prennent en compte de nombreuses revendications pour arriver à un nouvel accord. Depuis, le succès des séries a été fulgurant, notamment grâce à l’apparition des plateformes de streaming. En 2017, une nouvelle grève avait failli être lancée avant qu’un nouvel accord ne soit conclu avec les studios.

l‘Alliance des producteurs de cinéma et de télévision se défend 

Bien sûr, face à cela, les studios, représentés par l’Alliance des producteurs de cinéma et de télévision (AMPTP) estiment qu’ils font ce qu’ils peuvent dans un contexte difficile. Tout d’abord, ils soulignent que les « droits résiduels » versés aux scénaristes ont atteint un niveau record de 494 millions de dollars en 2021, contre 333 millions dix ans plus tôt. Ceci est du en grande partie à l’explosion des emplois de scénaristes liée à la hausse de la demande en streaming.

Et évoque des temps difficiles

Ils insistent surtout sur la situation globale du secteur. Il faut à tout prix réduire leurs coûts en raison de pressions économiques. Fini, le temps ou le porte-monnaie restait ouvert et lorsque les diffuseurs concurrents ont cherché à augmenter le nombre d’abonnés à tout prix. Les temps sont devenus plus difficiles et apparemment, une seule plateforme est, sans aucun doute, rentable, c’est Netflix. Pour les autres, c’est le flou pour certaines et pour d’autres, les temps sont clairement difficiles. De nombreux plans de licenciements comme celui qui a touché récemment Disney le prouvent.

Le cinéma est aussi un business

Il reste que même si l’industrie du cinéma est également comme toutes les industries soumise a la concurrence, il n’est pas question pour les scénaristes de se laisser raconter une triste histoire. Celles des pauvres investisseurs qui ne s’en sorte pas et qui s’excusent de ne pas pouvoir satisfaire leurs exigences.

Crédit photo : Lauren Brown.

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La Rédaction