L'Echo Nerd

Pour Pornhub, le combat économique devient politique

S’il y a un sujet ou la théorie et la réalité sont bien différentes et surtout si savamment, on regarde ailleurs, c’est bien la pornographie. Bien sûr, nous sommes maintenant loin du magazine osé coincé entre un journal et une revue de sport. Actuellement, en France, en théorie, la pornographie sur Internet n’est accessible qu’aux personnes majeures. Dans les faits, des millions de mineurs visitent des sites pour adultes chaque mois, la vérification de l’âge étant presque inexistante.

La limitation de l’accès aux sites pornos

Il en est ainsi dans le monde, en effet, il y a, malgré tout ce l‘on peut dire, des choses et des attitudes universelles. Face à ce phénomène global, de nombreux pays mettent en place des législations et des restrictions afin de limiter l’accès aux mineurs à ces sites. Elles sont parfois quasi inexistantes ou restent théoriques, mais parfois plus drastiques. C’est le cas dans certains Etats des Etats-Unis. Il faut transmettre numériquement une pièce d’identité pour confirmer son âge.

Une mine d’or pour recueillir des données

En plus, c’est, surtout lorsque l’on navigue sur des sites sensibles, en particulier pornographiques que nous préférons généralement surfer dans la discrétion la plus absolue. Cela sous-entend donc évidemment sans avoir recours a de multiples protections. Pourtant on nous la répété maintes fois, en matière de sexualité restez couverts. Ce qui devait arriver, arrive, une très grande majorité de sites envoient des données vers un domaine tiers, la plupart via des cookies. Par exemple, des trackers de Google ou de DoubleClick l’une de ses filiales publicitaires, ont été trouvés sur 74 % des plateformes pornographiques. Même Facebook, qui s’avère en façade si prude et qui floute à tout-va le moindre sein, fesses ou sexes même dans un œuvre d’art utilise quelques données provenant de sites pornographiques.

Pornhub appelle ses internautes à la rescousse.

On l’a bien compris, le sujet déborde le simple cadre du visionnage de porno. Il s’agit aussi de l’acquisition et de l’utilisation d’un maximum de données. De fait, les choses ont pris une tournure plus politique. A la base, Pornhub a décidé d’accueillir ses visiteurs avec un message vidéos sous forme de pop-up, délivré par Cherie Deville, une actrice porno pour contester les mesures prises par certains etats ont decidés d’etre plus regardant sur l’age des visiteurs de ces sites. Ensuite, la plateforme est allée plus loin en poussant les internautes à contacter les législateurs afin de les inviter à reconsidérer leurs lois.

Vers une autre solution

Pour cela, il suffit d’appuyer sur un bouton. Cela envoie une lettre aux législateurs concernés, « avant qu’il ne soit trop tard ». En partie, Pornhub met en avant une autre solution. Il s’agit de faire vérifier l’âge non pas par le site, mais par l’appareil sur lequel navigue l’utilisateur. Cela existe déjà sur de nombreux appareils avec le contrôle parental. Pour conforter ce choix, il est aussi mis en avant des experts en sécurité informatique qui soulignent sur le fait que ces lois, qui nécessitent l’enregistrement de la carte d’identité, sont contournables par de simples usurpations d’identité.

Convaincre les fabricants les géants de la Tech

Bien sûr, pour enfoncer le clou, la société d’investissement Ethical Capital Partners (ECP), propriétaire de MindGeek, maison mère de Pornhub et de bien d’autres sites ou studios de production pornographiques, tente de convaincre les géants de la tech comme Google, Apple ou encore Microsoft. ECP aurait suggéré à ces entreprises de développer un moyen d’entreposer l’âge de l’utilisateur de manière sécurisée sur les appareils qu’ils développent. Ainsi, il serait possible que leur système d’exploitation communique automatiquement avec les sites, afin de vérifier l’âge.

Quand Pornhub essaye de convaincre la Silicon Valley

Il espère se décharger ainsi de la prise en compte de ces nouvelles règles sur les fabricants de téléphones portables et de matériel informatique. Pas sur, que les firmes de la Silicon Valley accéderont à cette requête destinée uniquement à satisfaire l’industrie du porno. Il faudra certainement être très financièrement persuasif.

 

 

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La Rédaction